La justice « doit faire désormais toute la clarté sur la mort de Sarah Halimi », a affirmé Emmanuel Macron dimanche à propos de ce meurtre d’une femme juive commis en avril à Paris par un voisin musulman, pour lequel la qualification antisémite n’a pas été retenue à ce stade.

« Malgré les dénégations du meurtrier, la justice doit faire désormais toute la clarté sur la mort de Sarah Halimi », a dit le chef de l’Etat lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, sous les applaudissements.

L’absence de qualification antisémite pour ce meurtre avait suscité de l’indignation et de la colère dans la communauté juive. Juste avant le discours de Macron, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait évoqué l’affaire.

En pleine nuit, Kobili Traoré, interné en psychiatrie depuis le meurtre, s’était introduit chez sa voisine du dessus en passant par l’appartement d’une famille d’amis. Aux cris d’ « Allah Akbar », entrecoupés d’insultes et de versets du Coran, il l’avait rouée de coups sur le balcon, avant de la précipiter par la fenêtre dans la cour.

Sarah Halimi, défenestrée en avril 2017 à Paris. (Crédit : autorisation)

Sarah Halimi, défenestrée en avril 2017 à Paris. (Crédit : autorisation)

« Un jour, parce qu’on s’est tu, parce qu’on a pas voulu voir, le passage à l’acte intervient. Alors ce qui était des mots, ce qui n’était chez les uns que de la haine formulée différemment, et chez les autres une forme de lâcheté et une complaisance à ne pas vouloir voir, alors ça devient des vies fauchées et des gestes qui tuent », a affirmé Macron en évoquant l’antisémitisme.

Le chef de l’Etat a énuméré les noms des victimes de meurtres et attentats antisémites ces dernières années : Ilan Halimi, tué par le gang des barbares, Jonathan Sandler et ses deux fils Aryeh et Gabriel, tués par Mohammed Merah, ainsi que les morts de l’attentat de la l’Hypercacher en janvier 2015 : Yohav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et François-Michel Saada.

Les quatre victimes de l'Hyper Cacher, de gauche à droite : Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham. (Crédit : autorisation)

Les quatre victimes de l’Hyper Cacher, de gauche à droite : Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham. (Crédit : autorisation)

Il a également cité les noms de Brahim Bouarram, Marocain noyé dans la Seine par des militants d’extrême-droite en 1995 et Jacques Hamel, prêtre catholique tué lors de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet 2016.