Le candidat à la présidentielle 2017 en France Emmanuel Macron a défendu lundi à Beyrouth une « politique d’équilibre » à l’égard du régime et des rebelles en Syrie, se démarquant de la politique pro-opposition de Paris depuis le début du conflit.

Macron a plaidé pour une « politique d’indépendance, d’équilibre de capacité à parler à toutes les parties » dans le conflit syrien, qui a fait plus de 310 000 morts depuis 2011.

C’est « une logique de construction de la paix beaucoup plus qu’une logique d’intervention à tout-va pour un clan ou pour un autre », a déclaré le candidat à des journalistes en marge d’un discours prononcé à l’Ecole supérieure des affaires dans la capitale libanaise.

Macron, qui a quitté en août 2016 le gouvernement français pour diriger son mouvement « En marche ! », s’est dit opposé à ce que le départ du président syrien Bashar el-Assad soit un « préalable à tout », tout en refusant de « pactiser » avec lui.

Le président syrien Bashar el-Assad, dans son bureau à Damas, le 12 février 2016.(Crédit : Joseph Eid/AFP)

Le président syrien Bashar el-Assad, dans son bureau à Damas, le 12 février 2016.(Crédit : Joseph Eid/AFP)

« Assad est un dirigeant qui a failli […], l’erreur qui a été faite, de droite ou de gauche a été à un moment de faire du départ de Bashar el-Assad un préalable à tout », a-t-il dit, au premier jour de sa visite au Liban.

Sous la présidence de François Hollande, Paris n’a cessé d’appeler au départ du président syrien, l’accusant de massacres contre son peuple et le qualifiant de « dictateur sanguinaire ».

« La France n’est pas là pour décerner des bons points et des mauvais points à qui que ce soit, elle est là pour construire la paix, c’est bien plus compliqué », a insisté Macron.

Il a déploré que « la France ne soit pas partie prenante » aux négociations de paix syriennes parrainées en ce moment par la Russie et l’Iran, alliés du régime, et la Turquie, soutien des rebelles.

L'envoyé des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, et le ministre kazakh des Affaires étrangères, Kairat Abdrakhmanov, à Astana, le 22 janvier 2017. (Crédit : Ilyas Omarov/AFP)

L’envoyé des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, et le ministre kazakh des Affaires étrangères, Kairat Abdrakhmanov, à Astana, le 22 janvier 2017. (Crédit : Ilyas Omarov/AFP)

« Nous devons construire une solution politique […] avec les grandes puissances régionales en acceptant de dialoguer avec chacune d’entre elles », a souligné Macron.

Il a appelé à la création d’un « groupe de contact » qui mettrait « les solutions diplomatique devant toute solution militaire ».

« Cette région a besoin de reconstruire la paix pour elle-même […], nous avons connu les conséquences de ce conflit », a-t-il résumé.

Macron doit discuter mardi avec les dirigeants libanais de la crise des réfugiés syriens, qui sont un million au Liban, pays de quatre millions d’habitants.