Magen David Adom a prévenu la Knesset qu’il aurait besoin d’une injection de fonds après la guerre de Gaza parce qu’il dépense 2 millions par jour en plus de ses dépenses habituelles pour pouvoir maintenir un niveau d’alerte maximale.

La commission de la santé et du bien-être a tenu une réunion spéciale de solidarité dans le quartier général du Magen David Adom (MDA) d’Ashdod mercredi. Au programme : les dépenses de l’organisation paramédicale pendant l’opération Bordure protectrice.

« A l’heure actuelle, les canons rugissent et ce n’est ni le lieu ni le moment de faire des demandes de budget au gouvernement israélien ; cependant, gardez en tête que le MDA, contrairement à d’autres branches de la sécurité, n’est pas financé par l’Etat et qu’à la fin des combats, nous comptons demander de l’aide au gouvernement pour trouver une solution au budget du MDA pour les services rendus [pendant le conflit] pour que nous puissions continuer à sauver des vies pendant les situations d’urgences comme celle-ci mais aussi quotidiennement », a déclaré Eli Bin, directeur du MDA, à la commission.

Le député Haim Katz (Likud), président de la commission, a qualifié le MDA de « Dôme de fer social », en référence au système de bouclier anti-roquettes qui a intercepté un grand nombre de roquettes lancées depuis la bande de Gaza, permettant ainsi de sauver de nombreuses vies.

« Le Dôme de fer nous protège d’en haut et le MDA nous protège en bas », explique-t-il.

Le MDA a besoin de fonds supplémentaires pour couvrir les dépenses supplémentaires en essence, électricité et salaires, qui sont plus élevées en raison d’une charge de travail plus lourde. Le MDA est en niveau d’alerte élevé depuis le début de l’opération Bordure protectrice. Les 1 000 ambulances de sa flotte sont utilisées tandis que dans des circonstances normales environ un tiers des ambulances sont déployées.

Le MDA est le service ambulancier national et le service de premier répondant en cas d’urgence, mais il n’est pas financé par le gouvernement comme la police ou les pompiers. Au lieu de cela, le gouvernement achète les services du MDA ponctuellement. En temps de guerre, le gouvernement achète des services supplémentaires.

Bin a déclaré que le MDA dépense une somme supplémentaire de 2 millions de shekels par jour, en plus de ses dépenses de fonctionnement habituels, pour garder l’organisation au plus haut niveau d’alerte et pour pouvoir répondre adéquatement aux crises médicales.

Toutefois, en raison de l’efficacité du système Dôme de fer, de la coopération avec le Commandement de Défense passive et du système de sirène d’alerte précoce, le MDA a dû traiter beaucoup moins de cas d’urgence médicale parmi les civils, comparé aux conflits précédents. « Il n’existe aucun moyen possible de comparer [cette guerre] avec les guerres passées », a affirmé Bin. « Nous avons 90 % moins de travail ».

Selon Bin, pendant la seconde guerre du Liban en 2006, le MDA a traité plus de 4 000 blessés parmi les civils. Beaucoup de ces blessures étaient causées par des tirs de roquettes. Au cours de la guerre actuelle, le MDA a secouru plus de 600 personnes, 400 pour anxiété et 115 pour des blessures mineures reçues pendant que les personnes couraient vers des aires protégées au cours d’alertes. Trois civils ont succombé à des tirs de roquettes.

« Nous avons reçu le double du nombre de roquettes, mais nous avons uniquement 5 % des blessures », a ajouté Katz, le président de la commission.

Gil Moskowitz, le directeur des opérations générales de la guerre de le MDA, a déclaré que malgré le nombre faible de personnes recevant un traitement, le MDA continue de fonctionner au plus haut niveau d’alerte, qui nécessite d’étendre ses ressources à travers tout le pays.

Par exemple, le MDA a 23 ambulances supplémentaires stationnées dans la ville balnéaire d’Eilat, en dépit du fait qu’il n’y a que 50 000 résidents dans la ville, et le gouvernement n’a pas demandé qu’autant d’ambulances supplémentaires soient stationnées dans la ville.

Cependant, le MDA a fait un choix tactique. S’il y avait une urgence à grande échelle à Eilat, il faudrait des heures pour que les secours arrivent là-bas. Même avec des hélicoptères, il faudrait plus de d’une heure et demie pour arriver aux victimes s’ils partent du centre du pays, explique Bin. Le MDA a pris la décision de placer des ambulances supplémentaires à Eilat après que des terroristes du Sinaï aient lancé des roquettes sur la ville début juillet.

Bin a également noté que le MDA à Ashdod a eu une « diminution significative » des blessés liés à la criminalité ainsi que ceux liés aux accidents de la circulation, car il y avait beaucoup moins de voitures sur la route dans le sud du pays. « Le centre d’appel du MDA est en réalité beaucoup plus calme, sauf quand il y a une roquette lancée », a déclaré Bin à Katz, alors qu’il lui faisait visiter le siège du centre d’appel d’urgence à Ashdod mercredi.

« Il est 10h40 ; c’est l’heure à laquelle on est le plus occupé habituellement, mais aujourd’hui, c’est calme ».

Katz a promis à Bin qu’il essaierait d’obtenir les fonds pour le MDA. Un représentant du ministère des Finances a refusé de donner plus de détails quant à savoir avec quoi ce serait compensé, et pour combien de temps, tant que la guerre était toujours en cours. « Il n’y a pas suffisamment de fonds pour le MDA, tout comme il n’y a pas suffisamment de fonds pour de nombreux services de santé », a déclaré Katz après la réunion. « Nous sommes un petit pays et nous n’avons pas assez d’argent pour tout ».

A la fin du tour des locaux, les membres de la commission ont également rencontré l’Internationale des Amis du MDA qui venait des États-Unis et de Grande-Bretagne. Ils étaient en Israël pour une mission de solidarité de trois jours. Plusieurs donateurs internationaux se sont plaints que leurs dons au MDA soient soumis à la TVA, en dépit du fait que l’argent était destiné à payer pour un service dont le gouvernement a besoin mais qu’il ne peut pas se permettre.

Katz a assuré aux donateurs internationaux qu’il était au courant du problème.