Israël comprend et respecte la position de la France sur un Etat palestinien, malgré le vote de Paris en faveur d’une résolution pro-palestinienne au Conseil de Sécurité des Nations Unies le mois dernier, a déclaré l’envoyé français à Tel Aviv.

« La France reste un État qu’Israël écoute », a confié mercredi l’ambassadeur Patrick Maisonnave au Times of Israel.

« Compte tenu de son histoire, ses traditions et sa position dans la communauté internationale, la France reste un partenaire qu’Israël écoute et respecte. »

La France a voté le 30 décembre en faveur d’une résolution du Conseil de Sécurité qui appelait à un retrait israélien de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est dans les trois ans et pour la déclaration de Jérusalem-Est comme capitale d’un État palestinien.

La résolution n’a pas recueilli les neuf voix nécessaires, mais Jérusalem a été irrité par le soutien de Paris pour un texte vu comme imposant ses conditions à Israël.

Maisonnave a été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour des « clarifications ».

Quelques semaines auparavant, les deux chambres du Parlement français avaient adopté des résolutions largement symboliques pour reconnaître un Etat palestinien.

S’exprimant depuis son bureau situé en bord de mer à Tel Aviv, Maisonnave souligne qu’il n’a pas été convoqué, mais plutôt « invité » au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem pour expliquer la politique de son gouvernement.

« Notre position est entendue par l’État d’Israël », a déclaré le diplomate.

« Sur la question d’une solution au conflit israélo-palestinien, la communauté internationale doit formuler un certain nombre de principes. L’idée française est que ces principes, ce que nous considérons être les paramètres d’une solution, doivent être inscrits dans une résolution du Conseil de Sécurité ».

Le gouvernement israélien est bien conscient que plusieurs événements des derniers mois, notamment la guerre de l’été dernier à Gaza, ont empêché la reprise des négociations de paix, a-t-il poursuivi.

« L’absence de négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens a conduit à une situation fragile, qui reste explosive, comme en témoigne malheureusement l’attaque dans un bus à Tel Aviv, » a-t-il dit.

« Malheureusement, la violence continue et persistante entre Israéliens et Palestiniens n’est pas viable, et c’est pourquoi, quelque chose doit être entrepris ».

Maisonnave explique que Paris souhaiterait voir les pourparlers de paix reprendre dès que possible, mais ne croit pas que la communauté internationale soit un substitut aux efforts des deux parties pour trouver une solution.

« Bien au contraire: la France a toujours dit que la communauté internationale devrait essayer d’identifier les paramètres de la paix qui pourraient peut-être – nous l’espérons – aider les parties, Israéliens et Palestiniens, à reprendre les négociations. »

Interrogé pour savoir comment soutenir une résolution qui imposerait unilatéralement des délais et d’autres conditions sur Israël, l’ambassadeur a répondu que son gouvernement a tenté d’examiner les questions de base qui dans le passé avaient mené à l’échec des pourparlers et d’établir des paramètres pour aider les parties à surmonter l’impasse.

La semaine dernière, le Premier ministre français Manuel Valls a indiqué que Paris n’avait pas l’intention de revenir sur son soutien de principe à un Etat palestinien ou sur son schéma de vote à l’ONU.

« La relation entre la France et Israël est très forte. Bien sûr, nous pouvons être en désaccord sur tel ou tel sujet politique, » a déclaré Valls aux dirigeants juifs américains, jeudi dernier, lors d’une conférence téléphonique.