Le président du Sénat français est actuellement en visite en Israël, malgré le boycott de Jérusalem contre les responsables politiques des pays qui ont soutenu le mois dernier une résolution fustigeant les implantations au Conseil de sécurité des Nations unies.

Gérard Larcher, qui appartient au parti de droite Les Républicains, a rencontré mardi le président Reuven Rivlin à Jérusalem. Il devait rencontrer mercredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président de la Knesset Yuli Edelstein, le chef de l’opposition Isaac Herzog et d’autres responsables palestiniens.

Deux diplomates de Jérusalem, qui s’exprimaient sous condition d’anonymat en raison de la sensibilité du sujet, ont souligné que Larcher appartenait à l’opposition et pas au gouvernement français. Ils ont ajouté qu’Israël ne souhaite toujours pas accueillir des responsables des 14 états qui ont voté en faveur de la résolution 2334 du Conseil de sécurité le 23 décembre.

« Aucune visite à haut niveau des pays qui ont voté la résolution 2334 ne doivent avoir lieu jusqu’à nouvel ordre », a déclaré un responsable diplomatique.

En conséquence de la résolution du 23 décembre, qui affirme que les implantations israéliennes situées au-delà des lignes pré-1967 n’ont « aucun fondement légal » et constituent « une violation flagrante du droit international », le Premier ministre a interdit les contacts à haut niveau avec les responsables des 14 pays qui ont soutenu le texte. Les Etats-Unis se sont abstenus, ce qui a permis le vote de la résolution.

Netanyahu, qui est aussi ministre des Affaires étrangères, a convoqué une dizaine d’ambassadeurs pour une réprimande, annulé l’aide étrangère au Sénégal et à l’Angola, annulé la visite du Premier ministre ukrainien, et refusé de rencontrer les dirigeants chinois et britanniques. Il a également ordonné à ses ministres de réduire leurs voyages dans les pays qui ont voté la résolution, annoncé une « réévaluation de tous nos contacts avec les Nations unies », ordonné une coupe des financements de différentes agences des ONU, et promis qu’ « il y en a encore qui arrive ».

Il avait également annulé la visite prévue du ministre sénégalais des Affaires étrangères en Israël, qui aurait marqué la première visite officielle dans le pays d’un responsable de la nation d’Afrique de l’Ouest à majorité musulmane depuis la mise en place de relations diplomatiques au milieu des années 1990.

Pendant sa rencontre avec Rivlin, Larcher, dont le parti est considéré comme plus sympathique à Israël que le Parti socialiste, a déclaré mardi qu’il était venu à Jérusalem avec « un message d’amitié ».

« Même quand il y a des désaccords, nous devons continuer à parler. Vous avez décrit le conflit entre Israël et les Palestiniens comme une tragédie, une tragédie qui peut se terminer par le dialogue, a-t-il déclaré. Il est important qu’entre amis, on puisse parler librement. »

Faisant référence à une conférence de paix internationale prévue à Paris le 15 janvier, qu’Israël a rejeté car il considère qu’elle durcit les positions de négociation des Palestiniens et éloigne donc la paix, Larcher a souligné l’importance des « négociations directes », mais a affirmé que c’était le rôle de la communauté internationale de « créer les conditions pour faire progresser ces négociations directes. »

Rivlin a déclaré qu’Israël appréciait la préoccupation et les efforts de la France pour résoudre le conflit.

« Cependant, cela doit être très clair, il n’y a pas de raccourci au Moyen Orient, a-t-il dit à Larcher. La résolution du conflit nécessite deux choses : construire la confiance entre les parties, et des négociations directes entre les deux parties. »