Le procureur général Avichai Mandelblit a confirmé mercredi dans une lettre que Basel Ghattas, député de la Liste arabe unie, avait avoué avoir transmis illégalement des objets à des détenus palestiniens en Israël. Cette lettre a été écrite avant une commission de la Knesset qui devra se prononcer sur la levée de l’immunité parlementaire de Ghattas.

Dans sa lettre urgente au président de la Knesset, Yuli Edelstein, demandant mercredi matin la levée de l’immunité de Ghattas, Mandelblit a également confirmé l’existence d’une vidéo de Ghattas remettant des papiers à un prisonnier, Walid Daka, et tendant quatre enveloppes à un autre détenu, Basel Ben Sulieman Bezre.

Daka purge une peine de 37 ans pour l’enlèvement et le meurtre de Moshe Tamam, soldat israélien de 19 ans, et Bezre a été condamné à 15 ans de prison pour des délits terroristes.

La commission des Affaires internes s’est prononcée mercredi sur la levée de l’immunité de Ghattas pour faire avancer les procédures pénales à l’encontre du député arabe.

La commission des Affaires internes de la Knesset a voté à l’unanimité, 15 voix à 0, la levée de l’immunité parlementaire de Basel Ghattas.

Cette décision a ouvert la voie à un vote final de la plénière sur une motion qui permettrait la première inculpation et arrestation de l’histoire d’un député en exercice.

Une session spéciale a été convoquée jeudi après-midi afin de donner à Ghattas le temps de faire appel de la décision devant la Haute cour de justice.

Ghattas avait déclaré mercredi qu’il ne se présenterait pas devant la commission des Affaires internes de la Knesset.

Yoav Kisch, député du Likud et président de la commission des Affaires internes de la Knesset, et Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant une réunion de la commission, le 20 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yoav Kisch, député du Likud et président de la commission des Affaires internes de la Knesset, et Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant une réunion de la commission, le 20 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans une lettre adressée à Yoav Kisch, député du Likud qui préside la commission, Ghattas a affirmé que le processus expéditif d’organisation de la réunion et la manière dont la police et les autorités judiciaires avaient géré le cas jusqu’à présent étaient injustes, et que par conséquent, il ne présenterait pas.

« A la lumière de ma connaissance sur le débat qui sera organisé aujourd’hui, qui n’est rien d’autre qu’une discussion politique, dont la conséquence est déjà connue, je vous informe que je n’assisterai pas à la réunion », a-t-il écrit.

La Liste arabe unie a déclaré en arabe sur son groupe WhatsApp que « nous avons décidé de ne pas participer à la réunion de la Knesset sur l’immunité du député Basel Ghattas, car c’est une réunion d’incitation [à la haine] et spectaculaire, un tribunal de terrain, dont le résultat est déjà connu. »

Ghattas a été interrogé mardi par l’unité nationale de lutte contre le crime Lahav 433. Il est soupçonné d’avoir remis des téléphones portables miniaturisés et des notes secrètes à deux détenus palestiniens pendant sa visite à la prison de Ketziot, dans le sud de Beer Sheva, dimanche.

Après la visite de Ghattas, les employés de la prison ont trouvé 12 téléphones portables, 16 cartes SIM, deux batteries de téléphone et un casque dans les enveloppes, a annoncé le procureur général. Les papiers remis à Daka ont également été saisis, et vont être traduits, a-t-il déclaré.

Basel Ghattas, au centre, député de la Liste arabe unie, à son arrivée à l'unité d'enquête Lahav 433 à Lod, le 20 décembre 2016. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Basel Ghattas, au centre, député de la Liste arabe unie, à son arrivée à l’unité d’enquête Lahav 433 à Lod, le 20 décembre 2016. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Pendant l’interrogatoire de Ghattas mercredi, le député a initialement nié toutes les accusations contre lui, a déclaré Mandelblit.

Cependant, quand des preuves vidéo lui ont été présentées, il a reconnu avoir donné les enveloppes au prisonnier, mais a affirmé qu’il ne savait pas ce que les enveloppes contenaient.

Ghattas a également avoué avoir donné des papiers à Daka en violation des règles de la prison, mais a soutenu que les documents ne contenaient que des « contenus politiques » liés au parti Balad, dont il est membre.

Selon le procureur général, le second prisonnier a avoué avoir reçu des enveloppes de la part du député, mais a déclaré qu’il ne savait pas ce qu’elles contenaient.

Daka a nié que les documents retrouvés sur lui provenaient de Ghattas.

L’équipe du Times of Israël et Raoul Wootliff ont contribué à cet article.