« Ni pardon, ni oubli ! », ont scandé jeudi soir quelques centaines de personnes rassemblées à Paris à l’appel des principales organisations juives de France en mémoire d’Ilan Halimi, un jeune Juif enlevé, torturé et tué il y a neuf ans par un gang.

Ilan Halimi avait été tué en 2006 après avoir été enlevé dans l’espoir d’une rançon et torturé, trois semaines durant, par le « gang des barbares » dont le chef, Youssouf Fofana, a été condamné depuis à la perpétuité.

Le meurtre d' »Ilan Halimi a précédé ce qui est arrivé ensuite : Toulouse, Bruxelles, Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher », a estimé auprès de l’AFP Guershon Nduwa, porte-parole de la Fédération des juifs noirs (FJN), en énumérant les attentats jihadistes qui ont endeuillé la France et la Belgique depuis trois ans.

« 2006, 2012, 2014, 2015, des plaies à jamais », pouvait-on lire sur certaines pancartes brandies par les manifestants.

Sur d’autres étaient représentés Ilan Halimi, mais aussi les quatre victimes juives de Mohamed Merah en 2012 à Toulouse (sud-ouest) ou encore les quatre victimes de l’auteur présumées de la tuerie au musée juif de Bruxelles Mehdi Nemmouche en 2014.

« J’ai un profond regret : me dire que si après Ilan on avait eu 4 millions de personnes dans la rue, on n’aurait peut-être pas connu ce qui a suivi », a lui aussi insisté auprès de l’AFP Gil Taïeb, vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

Plusieurs millions de personnes ont manifesté en France après les tueries à l’hebdomadaire Charlie Hebdo le 7 janvier et au magasin cacher le 9 janvier.

Des bougies en hommage au jeune homme ont été allumées par les manifestants, silencieux, devant le magasin de téléphonie où il travaillait, boulevard Voltaire, dans l’est de Paris.

Certains ont ensuite pris la direction du magasin Hyper Cacher, à quelques centaines de mètres, où quatre Juifs ont été tués le 9 janvier par le djihadiste Amédy Coulibaly au cours d’une prise d’otages.