Parmi les 500 manifestants réunis aux abords de l’ambassade américaine de Tel Aviv, dans la soirée de samedi, le clou du spectacle aura été Sela, une berger-allemand portant un tee-shirt où était inscrit « sale chienne ».

La manifestation organisée par Pantsuit Nation Israel a eu lieu dans le cadre d’une vague de mouvements de protestation et de cortèges qui ont dénoncé l’arrivée au pouvoir de Trump dans le monde entier.

« Nous regardions le rassemblement à Washington et nous réfléchissions à propos de  la marche à suivre » explique Julia Magid, propriétaire de Selan, et directrice d’une école maternelle originaire de New York installée depuis quatre ans à Tel Aviv.

« Toute ma famille et mes amis sont en train de manifester à Washington, et nous avons eu le sentiment que c’était important de venir aussi. L’investiture m’a mise en colère, m’a rendue furieuse et frustrée. Mais il y a de petites lueurs d’optimisme et d’espoir. Regarder le rassemblement, aujourd’hui, a été l’une d’entre elles. »

Pour Josh Banks, 17 ans, un nouvel immigrant de Londres qui va bientôt intégrer l’armée, c’est la première manifestation politique à laquelle il assiste aux côtés de sa famille du Kibbutz Azoria. « Je pense que Trump est un peu emm… et qu’il se conduit mal envers les pays voisins », dit Banks, dont le panneau brandi affirme : « Je suis Britannique et je pensais que le Brexit était une bêtise. »

Bands indique ne pas être convaincu de l’impact de la manifestation, même s’il estime que c’était la meilleur chose à faire.

« Je mets un sourire sur le visage des gens : c’est déjà un bon point contre Trump », s’exclame-t-il.

Julia Magid, propriétaire de Sela, une chienne de type berger allemand borgne portant le nom d'un guerrier viking, lors de la marche des femmes de Tel Aviv le 21 janvier 2017 (Crédit :Melanie Lidman/Times of Israel)

Julia Magid, propriétaire de Sela, une chienne de type berger allemand borgne portant le nom d’un guerrier viking, lors de la marche des femmes de Tel Aviv le 21 janvier 2017 (Crédit :Melanie Lidman/Times of Israel)

Ayelet Shuber, l’une des organisatrices de l’événement et porte-parole de Pantsuit Nation Israel, déclare avoir été satisfaite de la participation. « C’est l’opportunité d’exprimer réellement notre position à l’administration Trump, de montrer que l’amour ‘Trumpe’ la haine », dit-elle, jouant intentionnellement sur les mots.

« Et il faut dire aussi que de nombreux américano-israéliens ne soutiennent pas Trump, tout comme la majorité des Juifs. »

Pantsuit Nation Israel a vendu des tee-shirts, commémorant la marche, à prix coûtant. Le stock s’est écoulé très rapidement.

En Yiddish : Trump, Trump, bist a shrek, Donald Trump gay avek!”  Ce qui veut dire en Français Donald Trump, tu es une terreur,  Donald Trump fiche le camp !" Cela a été l'une des chansons reprises par la foule lors de la marche des femmes de Tel Aviv le 21 janvier 2017. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

En Yiddish : Trump, Trump, bist a shrek, Donald Trump gay avek!” Ce qui veut dire en Français Donald Trump, tu es une terreur, Donald Trump fiche le camp ! » Cela a été l’une des chansons reprises par la foule lors de la marche des femmes de Tel Aviv le 21 janvier 2017. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

« Je me sens mal d’être Américaine en ce moment. Il y aurait dû y avoir quelqu’un de meilleur que Trump, ce prédateur sexuel, ce misogyne, cet islamophobe », dit Pamela Azaria, qui travaille dans une entreprise informatique et réside à Ramat Hasharon.

Un grand nombre de manifestants ont brandi des panneaux protestant contre l’occupation et prônant les droits des Palestiniens ainsi que les droits des Femmes.

Azaria, aux côtés de nombreux autres, a rejeté l’idée que Trump serait « meilleur pour Israël » depuis un autre angle de l’échiquier politique.

« Je suis heureuse qu’il ne vienne pas critiquer les implantations. Les politiciens utilisent les implantations comme excuses. Mais ce ne sont pas elles qui bloquent le processus de paix », dit-elle.

« La relocalisation de l’ambassade à Jérusalem me rend nerveuse et j’ai peur des violences qui pourront survenir après. »

Comme de nombreuses personnes présentes lors de ce mouvement de protestation, Azaria a de la famille et des amis qui se sont joints aux cortèges organisés aux Etats Unis.

Elle a notamment une sœur à Boston. Elle est venue ici pour lui montrer son soutien, mais aussi pour des raisons personnelles : « Venir ici, c’est comme une thérapie. C’est pour être avec d’autres gens qui ressentent la même chose que moi. »