Roni Alsheich, le chef de la police, a déclaré lundi que les vidéos filmées lors d’une manifestation de Juifs ultra-orthodoxes la veille semblent indiquer que la police a utilisé une force qui n’était pas nécessaire envers les manifestants.

« Je me suis senti mal lorsque j’ai vu les vidéos », a dit Alsheich lors d’un rassemblement des responsables de la police au siège des forces de l’ordre à Jérusalem, à l’occasion d’une cérémonie pour fêter l’arrivée de Rosh HaShana, la nouvelle année juive.

Dimanche, ce sont plusieurs centaines de manifestants juifs ultra-orthodoxes qui ont affronté les forces de l’ordre durant une manifestation dans la capitale pour protester contre un jugement rendu la semaine dernière par la Haute cour, qui a suspendu une législation de la Knesset permettant le report de l’enrôlement obligatoire des membres de cette communauté au sein de l’armée israélienne.

La police a utilisé des canons à eau et des agents à cheval pour tenter de disperser la foule. Une vidéo filmée par les manifestants montre un agent de police poussant au sol un manifestant ultra-orthodoxe qui, apparemment, ne l’avait pas provoqué.

D’autres images montrent des policiers en train de pousser et de frapper des manifestants alors que ces derniers sont à terre, et des chevaux piétiner des protestataires.

« Si un policier a perdu son sang-froid, il le paiera », a juré Alsheich lors de cet événement auquel a assisté Gilad Erdan, le ministre de la Sécurité intérieure, en charge de l’administration des forces de l’ordre.

« Je ne le justifie pas : il y aura peut-être des policiers qui devront être traduits en justice, a poursuivi Alsheich. Il y a eu de graves violences de la part des ultra-orthodoxes mais dans les films que j’ai vus, il y a des incidents au cours desquels la force dont la police a fait usage ne se justifiait manifestement pas. »

Les manifestants ont bloqué des rues et jeté des pierres à la police durant le mouvement de protestation.

Au moins trois manifestants ultra-orthodoxes ont été hospitalisés.

Le département chargé des enquêtes internes de la police au sein du ministère de la Justice a commencé à analyser les enregistrements vidéos diffusés par les médias et sur les réseaux sociaux en préparation d’une éventuelle enquête approfondie.

Erdan a également commenté les événements, disant qu’un « agent peut avoir recours à la force lorsqu’il fait son devoir et si cette force est cruciale pour la sécurité et l’ordre public, mais il n’est pas question de perdre son sang-froid ou d’appliquer la force là où elle n’est pas nécessaire. Lorsque cela semble se produire, c’est un devoir d’enquêter de manière approfondie pour le déterminer et pour corriger cela. »

« Et, il faut le dire, il semble que cela a été le cas dans certaines échauffourées qui ont été documentées lors des manifestations des ultra-orthodoxes à Jérusalem », a dit Erdan.