Une centaine d’habitants du sud de Tel Aviv ont manifesté samedi devant le logement de la présidente de la Haute cour, Miriam Naor, à Jérusalem, dénonçant l’inaction du tribunal en ce qui concerne l’expulsion des migrants africains clandestins.

La Haute cour étudie actuellement un dossier consacré à l’expulsion des migrants vers un pays tiers non spécifié. Les manifestants ont accusé samedi le tribunal de « traîner les pieds » et d’abandonner les résidents du sud de Tel Aviv.

« Cela fait dix ans que les habitants des quartiers sud de Tel Aviv sont en souffrance », a déclaré un manifestant au site d’information Ynet.

« Nous reviendrons toutes les semaines jusqu’à ce que les habitants de Rehavia goûtent à notre souffrance », a-t-il ajouté, se référant au quartier chic de Jérusalem où vit Naor.

La présidente de la Cour suprême Miriam Naor arrive au tribunal de Jérusalem le 26 décembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La présidente de la Cour suprême Miriam Naor arrive au tribunal de Jérusalem le 26 décembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ofir Akunis, ministre du Likud, a exprimé son soutien aux manifestants et a estimé que la Haute cour retardait l’expulsion des migrants vers un pays tiers.

« Le dernier obstacle au transfert des immigrants clandestins d’Israël vers d’autres pays est le retard du jugement des magistrats, qui est attendu depuis des mois », a-t-il dit.

L’Autorité israélienne en charge de la population et de l’immigration indique que plus de 40 000 migrants clandestins résidaient en Israël en 2016, la majorité étant originaire d’Erythrée et du Soudan. Un grand nombre d’entre eux vit dans les quartiers les plus défavorisés de Tel Aviv, et certains habitants leur attribuent la responsabilité d’un taux de délinquance en hausse dans la ville.

Israël a, ces dernières années, cherché à limiter le nombre de migrants. L’Etat juif a construit une clôture le long de sa frontière avec l’Egypte – un itinéraire migratoire autrefois prisé – et a envoyé de nombreux migrants dans une structure de détention dans le désert avant de, dans certains cas, les renvoyer dans des pays tiers en Afrique.

Un grand nombre de ces migrants disent fuir les conflits et les persécutions et réclament le statut de réfugié. Les responsables israéliens affirment pour leur part qu’ils sont des migrants économiques, et ont résisté jusqu’à présent aux appels à les reconnaître comme des réfugiés.

Entre 2009 et 2015, 2 408 Erythréens ont demandé le statut de réfugié en Israël. L’Etat a répondu à 1,42 % de ces requêtes, soit 45 personnes, a rejeté 40 demandes et a accordé une protection temporaire à cinq migrants, tandis que le ministère de l’Intérieur a octroyé le statut de réfugié à seulement quatre personnes.

Le taux d’approbation israélien pour le statut de réfugiés est drastiquement inférieur à la moyenne internationale. Selon le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies, dans le monde entier, 84 % des Erythréens et 56 % des Soudanais demandeurs d’asile ont bénéficié du statut de réfugié ou d’une protection élargie en 2014.