Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé mercredi les « propos honteux » du président turc Recep Tayyip Erdogan qui avait critiqué sa présence à la manifestation historique « contre le terrorisme » dimanche à Paris.

« Ces propos honteux doivent être condamnés par la communauté internationale, car la guerre contre le terrorisme ne peut réussir sauf si elle est guidée par une morale claire », a indiqué Netanyahu devant les leaders du principal lobby pro-israélien aux Etats-Unis AIPAC, en visite en Israël.

Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont participé, au milieu d’une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, à la marche organisée en France après les attentats perpétrés la semaine dernière par des islamistes, qui ont fait 17 morts, dont des journalistes du journal satirique Charlie Hebdo, des policiers et quatre clients juifs d’une épicerie casher.

Lundi, lors d’une conférence de presse avec Abbas, Erdogan a affirmé avoir « du mal à comprendre comment il ( Netanyahu) a osé » participer à la marche. « Comment faut-il considérer cet individu qui pratique le terrorisme d’Etat en massacrant 2 500 personnes à Gaza? », a-t-il ajouté.

« Il (Erdogan) a dit qu’Israël n’aurait pas dû être représenté à la marche à Paris et la raison qu’il a donnée était nos actions entreprises pour défendre nos citoyens face aux milliers de roquettes lancées sur nos villes par les terroristes du Hamas », a répondu encore Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

Le chef de l’Etat islamo-conservateur, qui dirige la Turquie sans partage depuis 2003, critique régulièrement l’Etat hébreu, qu’il avait en juillet dernier accusé d’avoir « surpassé Hitler en matière de barbarie ».

Près de 2 200 Palestiniens, en grande majorité des civils, sont morts lors de l’offensive israélienne menée en juillet et août derniers contre la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, pour entre autres faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes. Plus de 70 personnes ont péri côté israélien en majorité des soldats.

Les relations entre la Turquie et Israël se sont détériorées après l’assaut israélien en 2010 contre une flottille affrétée par une ONG turque pour briser le blocus de Gaza, qui s’était soldé par la mort de 10 Turcs.