Des centaines de manifestants se sont rassemblés dimanche devant l’ambassade des Etats-Unis à Tel Aviv pour demander la libération de l’espion américano-israélien Jonathan Pollard, actuellement incarcéré dans une prison américaine.

Munis de pancartes mentionnant que 29 années de prison sont suffisantes et déployant des photos d’hommes politiques américains ayant réclamé la libération de Pollard, les manifestants, conduits par la femme de Pollard, Esther, ont demandé à ce que le prisonnier soit renvoyé en Israël.

Pollard est emprisonné depuis 1985. Son cas est devenu un sujet de controverse pour la plupart des Israéliens de droite. Récemment, Pollard a également obtenu l’appui de plusieurs figures politiques américaines.

Pollard, ancien analyste de la marine américaine, a été arrêté pour avoir remis des milliers de documents classifiés à des responsables israéliens. Il a été condamné à perpétuité en 1987.

Au début du mois, l’ancien directeur de la CIA James Woolsey a affirmé que l’antisémitisme pouvait jouer un rôle dans le refus américain de libérer Pollard.

Woolsey a confié à la dixième chaîne de télévision israélienne que des Américains ayant espionné pour d’autres pays, dont la Corée du Sud, les Philippines et la Grèce, avaient été libérés après de courtes peines de prison.

“Je ne crois sûrement pas que c’est une vérité universelle, mais dans le cas de certains individus américains, je pense qu’il y a de l’antisémitisme à l’œuvre », a confié Woolsey.

Un nombre croissant de figures ayant joué un rôle politique lors de la condamnation à perpétuité de Pollard estiment aujourd’hui que sa peine doit être réduite. Les appels à la libération de Pollard se sont intensifiés l’année dernière, grâce notamment aux plaidoyers de députés et d’anciens hauts responsables des deux grands partis américains.

Elliott Abrams, un ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale, a récemment affirmé qu’il pensait que Pollard devait être libéré.

“Je crois qu’il existe des raisons justes et humanitaires pour sa libération”, a confié Abrams lors d’une interview sur la chaîne d’informations en continu i24news.

Le président de la Ligue Anti-diffamation (Anti-Defamation League) Abraham Foxman a quant à lui estimé que l’emprisonnement prolongé de Pollard était « à la limite de l’antisémitisme. »

Pollard pourra demander la liberté conditionnelle à partir de fin 2015.