Des milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi en Cisjordanie et à Gaza pour protester contre la mort d’un bébé brûlé vif dans l’incendie de sa maison par des résidents juifs d’implantations, certaines protestations dégénérant en heurts avec les forces israéliennes.

Dans le village de Duma, près de Naplouse dans le nord de la Cisjordanie, où le bébé Ali Dawabcheh, un an et demi, est mort, des milliers de personnes ont participé à ses funérailles, parmi lesquelles le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah.

Ce dernier a exhorté « la communauté internationale à agir » alors que « chaque jour, les droits des Palestiniens sont violés en Cisjordanie et que des martyres tombent ».

Le cortège est parti de la maison des Dawabcheh, une petite habitation dont seuls les murs en béton subsistaient après l’attaque, tandis que l’intérieur n’était qu’un vaste tas de débris carbonisés. Ici ou là, restaient des photos de la famille, dont celles du bébé, rongées par les flammes, ainsi que quelques affaires, dont un biberon, ont constaté des journalistes de l’AFP.

A l’extérieur, les graffitis en hébreu barraient encore les murs – « Vive le messie », « Vengeance » et « Le prix à payer », proclamaient-ils – deux jours après que les autorités israéliennes ont détruit deux maisons en construction dans une implantation plus au sud.

Escortant le petit corps porté à bout de bras et enveloppé dans un drapeau palestinien, les participants au cortège funéraire ont salué le « martyre », et scandé des slogans sous une nuée de drapeaux jaunes et verts, aux couleurs des deux principaux mouvements palestiniens, le Fatah du président Mahmoud Abbas et du groupe terroriste du Hamas au pouvoir à Gaza.

L’attaque a également grièvement blessé les parents et le frère du bébé âgé de quatre ans.

A Hébron, la grande ville du sud de la Cisjordanie où les tensions sont les plus vives, des centaines de Palestiniens ont manifesté.

Les protestations ont ensuite dégénéré, des manifestants jetant des pierres sur les soldats israéliens qui répliquaient avec des tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes, selon un correspondant de l’AFP sur place.

L’armée a annoncé avoir blessé un Palestinien avec des tirs à balle réelle.

Dans la Vieille ville de Jérusalem, des centaines de Palestiniens se sont rassemblés à l’issue de la prière hebdomadaire sur le site du mont du Temple, en appelant à la « vengeance ». De brèves échauffourées ont eu lieu mais le calme est rapidement revenu.

La police a toutefois annoncé avoir renforcé son niveau d’alerte après avoir interdit l’entrée du lieu saint aux hommes palestiniens de moins de 50 ans.

Dans le quartier d’Essaouiya à Jérusalem-Est, des dizaines de jeunes Palestiniens ont affronté les policiers israéliens à coups de pierres, selon la police.

A Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, des centaines de manifestants ont répondu à l’appel du groupe terroriste gazaoui du Jihad islamique, défilant sous ses drapeaux noirs. A la tribune, des chefs du groupe ont promis de « répliquer rapidement au terrorisme des colons ».