Le Premier ministre socialiste français Manuel Valls a annoncé lundi sa candidature à la présidentielle de 2017 et sa démission de son poste.

« Je m’engage car je ne veux pas que la France revive le traumatisme de 2002 avec une extrême droite au second tour », a déclaré le chef du gouvernement, en précisant qu’il démissionnerait dès mardi pour se consacrer à sa campagne pour la primaire socialiste des 22 et 29 janvier.

Le Premier ministre français Manuel Valls, lancé dans la course à l’investiture présidentielle, doit démissionner mardi de son poste, entraînant la formation d’un nouveau gouvernement à cinq mois du scrutin.

Le chef du gouvernement a annoncé lundi soir qu’il était candidat à la présidence de la République et comptait participer « en pleine liberté » à la primaire socialiste, quatre jours après la décision surprise du président François Hollande, très impopulaire, de ne pas se représenter.

Né Espagnol il y a 54 ans et naturalisé Français à l’âge de 20 ans, cet homme au caractère volontaire compte désormais se consacrer pleinement à la campagne de la primaire socialiste des 22 et 29 janvier, qui le verra se confronter avec plusieurs prétendants plus à gauche que lui.

Le Premier ministre s’est rendu mardi matin à l’Elysée et la formation du nouveau gouvernement -le troisième du quinquennat socialiste- devrait être assez rapide.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a été nommé mardi Premier ministre français en remplacement de Manuel Valls, qui a démissionné pour se lancer dans la course à la présidentielle avec l’ambition d’éviter à la gauche d’être éliminée dès le premier tour.

Bernard Cazeneuve, un ancien juriste de 53 ans, s’est trouvé sous les feux des projecteurs depuis le début, en janvier 2015, d’une série d’attentats jihadistes qui ont fait 238 morts dans le pays. Le nom de son successeur à ce poste sensible n’a pas encore été communiqué.

Cet homme loyal, qui affiche un grand sang froid et bénéficie d’une image de sérieux, avait auparavant été ministre délégué aux Affaires européennes (2012-2013) et ministre délégué au Budget (2013-2014).

Selon un proche du président François Hollande, « le choix de Bernard Cazeneuve est celui d’une personnalité qui a une grande expérience » et « qui connaît très bien les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme », une priorité alors que la France se trouve en état d’urgence.

Le chef de l’Etat et son nouveau Premier ministre discutaient mardi matin de la composition du nouveau gouvernement, à la durée de vie limitée, qui sera chargé de conduire la France jusqu’à la présidentielle de mai 2017.

Le président Hollande, très impopulaire, avait annoncé jeudi dernier qu’il ne briguerait pas de second mandat, ouvrant la voie aux ambitions de Manuel Valls, qui a officialisé lundi soir sa candidature à la présidence et indiqué qu’il démissionnerait de Matignon pour se consacrer à la primaire socialiste des 22 et 29 janvier.

Reçu à la présidence tôt mardi, il a donc remis sa démission à François Hollande, qui a annoncé la nomination de son successeur dans la foulée.

En poste depuis mars 2014, Valls compte de son côté fédérer la gauche en miette, actuellement donnée perdante à la présidentielle par tous les sondages

Celui qui se présente comme un moderniste et avait il y a quelques mois évoqué des « gauches irréconciliables », a mis l’accent lundi soir sur sa volonté de « réconciliation ». Quitte à « manger son chapeau », ironisait mardi le quotidien Le Monde.

Ce pari de l’union est loin d’être gagné, alors que son style autoritaire, son positonnement social libéral, son discours pro-entreprise et sa vision très stricte de la laïcité lui ont valu des aménités dans son propre camp. Les fidèles de François Hollande ont déjà fait savoir qu’il n’aurait pas leur soutien « automatique ». Même tonalité de la part de Martine Aubry, un des poids lourds socialiste.

« J’ai pu avoir des mots durs, susciter des débats, des incompréhensions », a reconnu Manuel Valls. « Mais j’ai toujours assumé les décisions collectives », a-t-il assuré.

Une fois passée la primaire, le candidat du PS devra encore affronter le chef de file de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et l’ancien ministre de l’Économie Emmanuel Macron, plus au centre. Tous deux ont exclu de participer à la primaire, tout comme le candidat écologiste Yannick Jadot.

Manuel Valls veut combattre l’extrême droite dont le programme « ruinerait les petites gens, les retraités, les ouvriers » et la droite menée par le très libéral François Fillon, qui représente à ses yeux « un recul social généralisé ».

Tous les sondages actuels donnent le candidat de la gauche défait lors de l’élection présidentielle et la droite victorieuse, après un second tour entre la candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen, et François Fillon.