Le ministre de l’Education Shai Piron (Yesh Atid) a affronté de violentes critiques dimanche sur les commentaires qu’il a faits plus tôt cette semaine pour s’opposer au mariage gay. Des critiques ont demandé sa démission.

« Lorsque le ministre de l’Education déclare qu’il pense que c’est le devoir de l’Etat de dire aux couples homosexuels que leur famille n’est pas une famille, aucune excuse n’est suffisante. Le mal est fait. Le message est déjà passé », a écrit la députée Zahava Gal-On du parti Meretz sur sa page Facebook, citant les mots d’un entretien avec le site Israël National News publié jeudi.

En réponse à la question sur l’orientation laïque du parti Yesh Atid, Piron, qui est un rabbin orthodoxe, a déclaré qu’il croyait qu’il devrait y avoir une séparation entre les questions de religion et d’Etat.

Mentionnant la question du mariage, il a déclaré que les mariages civils devraient être appelés autrement que mariage, et si l’Etat doit s’assurer que tous les couples ont les mêmes droits économiques et sociaux, l’Etat a également le droit et le devoir de dire aux couples homosexuels, « ce n’est pas une famille ».

Piron s’est ensuite excusé le jour même de la publication de l’entretien, en déclarant qu’il croyait que tout le monde avait le droit d’être en relation avec qui il voulait. Il n’a cependant pas retiré ses remarques.

« On peut être en désaccord avec mes commentaires », a-t-il écrit sur sa page Facebook, « mais cela reflète la réalité de la situation en Israël et les difficultés de la communauté religieuse avec les changements dans la structure familiale. Chaque jour, j’essaie de construire un pont entre les différents groupes et communautés, la première marche du pont est d’accepter et de comprendre. Je m’excuse si mes mots ont été mal compris et ont pu blesser quelqu’un ».

Dans une déclaration, l’Organisation israélienne de la jeunesse gay a demandé à Piron « d’intégrer le fait que parmi les étudiants dont il est responsable il y a des enfants de famille et de racines différentes », en ajoutant qu’il doit joindre à ses excuses des actions qui « prouvent ses intentions dans le système d’éducation et dans la société en général ».

De son côté, un présentateur de télévision ouvertement gay Asi Azzar a utilisé Facebook pour manifester son soutien à Piron malgré ses commentaires, car ses actions à la Knesset ont aidé la communauté gay.

« Shai Piron est pour le moment, le seul rabbin à être vraiment ouvert pour mener un dialogue sain avec la communauté lesbienne, gay bisexuelle et transgenre », a écrit Azzar. « C’est effectivement parfois un dialogue exaspérant et très énervant, mais il n’y a rien à faire là-dessus. Il n’y a rien de noir ou blanc. Tout est un processus ».

« J’ai choisi de respecter et d’apprécier de pouvoir continuer à dialoguer, car jusqu’à maintenant, dans les moments de vérité, lorsqu’il fallait voter à la Knesset et changer quelque chose pour moi et ma communauté, Shai Piron a fait ce qui était juste ».

Plus tôt ce mois, Yesh Atid a réussi à faire avancer un projet de loi proposé par le ministre de la Santé Yael German, elle aussi de Yesh Atid, accordant aux couples homosexuels le droit de recourir à des mères porteuses en Israël. Le projet a avancé malgré la forte opposition du parti Habayit Hayehudi de Naftali Bennett.

Avant de rejoindre Yesh Atid, Piron, directeur d’une yeshiva sioniste, avait déclaré que l’homosexualité pouvait être traitée.

En entrant dans le service public, Piron et le président de son parti Yair Lapid avaient pourtant expliqué qu’ils avaient changé de point de vue. Son entrée dans le service public a été soutenue par plusieurs groupes assistant les homosexuels dans la communauté religieuse.