A écouter Marine Le Pen, le FN est « le meilleur bouclier des Français juifs ». La présidente du Front National s’autorise même à justifier l’existence de la Ligue de défense juive rapporte l’hebdomadaire Le Point.

Le judaïsme français a longtemps considéré le Front national comme un ennemi, tel un vestige abominable de l’Etat pro-nazi de Vichy. Mais sous la direction de Marine Le Pen, le parti essaie de se débarrasser de son image résolument diabolique. La présidente du Front National a maintes fois condamné l’antisémitisme et, en 2011, elle a envoyé son compagnon et vice-président du Front national Louis Alliot en mission pour construire des ponts en Israël.

A la faveur de cette stratégie de dédiabolisation, le vote FN chez les Juifs serait passé en cinq ans de 4,4 % à 13,7 % lors des dernières élections présidentielles.

Pour autant, les représentants de la communauté juive ne sont pas dupes : que ce soit l’Union des étudiants juifs de France ou la Conférence des rabbins européens par le biais de son président Pinchas Goldschmidt, tous avaient déploré les résultats du FN lors des élections municipales en 2014 qui avaient vu le parti d’extrême-droite s’emparer de 11 municipalités.

Des organisations juives et des dirigeants de la communauté craignent la montée du FN en raison des penchants antisémites et xénophobes de certains membres du parti.

Parmi eux, se trouve Jean-Marie Le Pen, le fondateur et président honoraire du parti, et père de la présidente actuelle du parti, Marine Le Pen. Jean-Marie Le Pen a été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale contre les minorités et pour négationnisme.

Le président du CRIF Roger Cukierman avait récemment déclaré à la station de radio juive RCJ que les prétentions de non-antisémitisme de Le Pen sont prononcées « du bout des lèvres » car le parti recèle encore des négationnistes et des antisémites dans ses rangs.