Marine Le Pen, désormais aux commandes du FN, a désavoué son père en parlant de « faute politique », tout en avançant que le sens donné aux propos incriminés était « malveillant ».

Sa nouvelle sortie embarrasse son parti, désormais dirigé par sa fille Marine le Pen et engagé dans une stratégie de dédiabolisation qui a porté ses fruits. Le vote FN n’est plus considéré comme honteux par une grande partie des Français et le parti a obtenu 25 % des voix aux élections européennes après avoir remporté plusieurs mairies aux élections municipales.

« Je suis convaincue que le sens donné à ses propos relève d’une interprétation malveillante », a réagi un peu plus tard Marine Le Pen.

« Il n’en demeure pas moins que, avec la très longue expérience qu’est celle de Jean-Marie Le Pen, ne pas avoir anticipé l’interprétation qui serait faite de cette formulation est une faute politique dont le Front national subit les conséquences », a-t-elle déploré.

« Si cette polémique peut avoir une retombée positive, c’est celle de me permettre de rappeler que le Front national condamne de la manière la plus ferme, toute forme d’antisémitisme, de quelque nature que ce soit », a-t-elle ajouté.

Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen, avait auparavant estimé que si M. Le Pen « a bien utilisé le terme de fournée, c’est une mauvaise phrase de plus. C’est stupide politiquement et consternant ».

Le député Gilbert Collard, élu en 2012 avec le soutien du FN, a pour sa part suggéré à Jean-Marie Le Pen de « prendre sa retraite », jugeant ses propos « inacceptables et intolérables ».

Jean-Marie Le Pen a suggéré à M. Collard de « changer les consonnes de son nom », prétendant par ailleurs ne pas avoir su que Patrick Bruel était juif.