Un responsable du Parti Justice et développement (PJD, islamiste), qui dirige la coalition gouvernementale au Maroc, a appelé lundi à « l’adoption rapide » d’une proposition de loi interdisant la « normalisation » avec Israël, accusant l’opposition de « surenchère politicienne » sur le sujet.

« Les partis de l’opposition devraient se mettre sérieusement au travail pour adopter rapidement la proposition de loi interdisant la normalisation avec Israël », a dit à l’AFP le président du groupe parlementaire du PJD, Abdellah Bouanaou.

Ce responsable réagissait à des critiques de l’opposition qui, selon des médias, a accusé le PJD de « refuser » le vote d’une disposition de loi prohibant les échanges économiques avec l’Etat hébreu.

D’après des médias marocains, un amendement interdisant l’importation des produits israéliens a récemment été présenté au Parlement par l’opposition, mais la majorité n’y a pas donné suite.

Il s’agissait d’une simple « disposition technique, qui n’a pas fait l’objet d’un vote », a rétorqué M. Bouanou, dénonçant une « surenchère politicienne ».

« Il existe des dispositions plus importantes (…) qui devront être adoptées à l’avenir », a-t-il poursuivi, en référence au projet de criminaliser « toutes les formes » de normalisation avec Israël.

Quatre groupes parlementaires issus de la majorité et de l’opposition, dont le PJD, avaient apporté leur soutien, en décembre 2013, à une proposition de loi en ce sens, mais elle n’a pas pour l’heure abouti.

Une des formations impliquées dans l’initiative, le Parti authenticité et modernité (PAM, opposition), a par la suite retiré son soutien au texte.

Cette proposition de loi avait été inspirée par « L’observatoire marocain contre la normalisation avec Israël », fondé début 2013 dans l’optique de « dénoncer » les personnalités « entretenant des rapports avec l’entité sioniste ».

Le Maroc n’entretient officiellement aucune relation économique ou diplomatique avec Israël et son gouvernement a toujours affirmé que le « boycott d’Israël est un principe ».

Un bureau de liaison israélien avait été ouvert à Rabat en 1994, le Maroc ouvrant le sien à Tel Aviv en 1995, dans le sillage des accords israélo-palestiniens d’Oslo.

En octobre 2000, le royaume a toutefois suspendu ses relations avec l’État hébreu pour protester contre « la politique répressive » du gouvernement israélien.