Zvi Ammar, président du Consistoire israélite de Marseille, est jugé ce jeudi et vendredi par le tribunal correctionnel de Marseille pour entrave à la justice, rapporte Le Figaro. Il comparait devant les juges avec son frère jumeau Simon Ammar.

Zvi Ammar, outre ses fonctions communautaires, est président d’une entreprise, International Sport Fashion (aujourd’hui Sport Négoce International).

En novembre 2007, un homme au volant d’un véhicule, Olivier Plançon, salarié de Mercure International of Monaco, fournisseur d’International Sport Fashion (ISF), est assassiné à bout portant par deux hommes en scooter sur un parking. Ce parking est situé non loin des locaux de la société de Zvi Ammar. Un homme se serait alors rendu directement sur les lieux afin de récupérer un sac qui était dans la voiture. Des témoins ont identifié cette personne comme étant Zvi Ammar.

Les deux tueurs d’Olivier Plançon n’ont jamais été retrouvés. La partie civile au procès, qui a débuté aujourd’hui, accuse Zvi Ammar de garder le silence, ce qui empêche de retrouver les assassins.

Durant l’enquête, diverses sommes d’argent sont retrouvées dans le véhicule mais d’après l’accusation, l’un des sacs contenant une somme de 346 360 euros en espèce reste introuvable.

D’autre part, dans le véhicule est retrouvé un document sur lequel est inscrit un décompte s’élevant à 346 360 euros rédigé par Simon Ammar, ce dernier ayant reconnu qu’il s’agissait de son écriture.

Enfin, cette somme se serait retrouvée sur les comptes en banque de l’entreprise du président du consistoire de Marseille.

Cependant Zvi Ammar nie avoir reçu des mains d’Olivier Plançon la somme d’argent manquante tandis que Simon Ammar indique que les sommes touchées en espèce s’élevant du même montant viennent de clients.

Zvi et Simon Ammar, ainsi que Adnan Houdrouge, patron de l’entreprise Mercure International of Monaco (MIM) ont tous les trois été mis en examen pour « abus de biens sociaux, recel et blanchiment ».

Les deux frères aurait blanchi de l’argent de la société MIM pour le compte de leur propre société ISF.

Cette autre accusation fait l’objet d’une instruction distincte de celle jugée aujourd’hui et demain auprès du tribunal correctionnel de Marseille.

En ce qui concerne l’accusation « d’entrave à la justice », la partie civile constituée notamment du frère de la victime Fabrice Plançon, et de sa femme Pauline Plançon, indique que le mobile du crime est l’argent.

« Ma belle-sœur a dit qu’elle savait que mon frère allait chercher de l’argent, beaucoup d’argent, chez Zvi Ammar », rapporte le frère de la victime. Selon ce dernier, « le silence d’Ammar empêche la police d’avancer sur la piste des tueurs car le plus probable est que l’information du transfert de fonds est venue de l’intérieur de la société ISF ».

Du côté de la défense, l’avocat des deux frères a souligné que « cette procédure a dérapé ! Personne n’a vu l’argent et pourtant cela représente 8 800 billets. Il y a eu des contrôles fiscaux, deux procédures et rien n’a été trouvé. Il n’y a aucune preuve de ce qui est avancé », a souligné maître Gérard Bismuth.