« Martin Heidegger, catholicisme, révolution, nazisme » est un ouvrage de Guillaume Payen, publié aux Editions Perrin le 14 janvier dernier.

Dans cet ouvrage de 600 pages, l’historien s’interroge sur Martin Heidegger, tout en ayant le souci de contextualiser son idéologie par rapport à l’époque.

Martin Heidegger est né en Allemagne en 1889. Il est mort en 1976. Philosophe assimilé à un « nouveau Platon », il a influencé de nombreux philosophes tels que Jean-Paul Sartre, Emmanuel Levinas ou encore Michel Foucault.

Ce philosophe de premier ordre, dont l’oeuvre est considérée comme l’une des importantes de notre temps, fait également l’objet de controverses du fait de son lien avec le nazisme.

Martin Heidegger est ainsi violemment condamné par Georges Gurvitch qui considère que « la philosophie de l’existence a perdu sa sincérité négative : elle est devenue un moyen employé avec dextérité, pour passer, d’une philosophie scolastique par laquelle il avait commencé, à la philosophie nazie ».

La volonté de Guillaume Payen est d’introduire une nouvelle objectivité sur l’auteur des « Cahiers Noirs ». Ainsi il s’interroge si Martin Heidegger s’est « engagé dans le nazisme parce que sa philosophie elle-même l’y engageait” ?, rapporte les Inrocks.

Dans cette ouvrage, l’historien présente des faits dans le contexte du début du 20e siècle. Guillaume Payen refuse ainsi de prendre part à la polémique et se questionne sur le philosophe en tant qu’objet d’étude pur.

Si le philosophe est membre du parti nazi en 1933 et est ainsi nommé directeur de l’Université de Fribourg, il démissionnera rapidement sans remettre en question sa position antérieure.

En d’autres termes, l’ouvrage tente de répondre de manière rationnelle si Martin Heidegger était nazi intrinsèquement par son idéologie ou du fait du contexte historique d’une Allemagne anéantie après la Première mondiale et dont l’atroce idéologie nazie a été la réponse à sa reconstruction.