Le président américain Barack Obama a qualifié jeudi le massacre d’Arméniens pendant la Première Guerre mondiale de « terrible carnage », évitant d’employer le mot « génocide », à quelques heures de la date-anniversaire du centenaire de ces tueries.

« Les Arméniens de l’Empire ottoman ont été déportés, massacrés, et emmenés vers la mort. Leur culture et leur patrimoine ont été effacés dans leur ancienne patrie », a déclaré Obama dans un communiqué aux mots soigneusement choisis.

« Dans ces violences terribles, responsables de souffrances de tous les côtés, un million et demi d’Arméniens sont morts », ajoute le communiqué.

Les législateurs américains ont déposé le mois dernier une résolution appelant Obama à reconnaître le génocide, un terme qu’il n’a jamais employé comme président.

Lors de la campagne présidentielle de 2008, Barack Obama, alors sénateur, s’était engagé à « reconnaître le génocide arménien ».

Le président américain a déclaré jeudi que son point de vue sur la question n’avait « pas changé ».

« Une reconnaissance pleine, franche et juste des faits est dans notre intérêt à tous », a t-il dit.

Le secrétaire au Trésor, Jack Lew, mènera vendredi la délégation américaine en Arménie, où se tiendra une cérémonie d’hommage aux victimes de ces massacres débutés il y a 100 ans, et dans lesquels les Arméniens estiment qu’un million et demi des leurs ont été tués de manière systématique par l’armée ottomane.

La Turquie évoque pour sa part une guerre civile en Anatolie, doublée d’une famine, dans laquelle 300 000 à 500 000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort et récuse le terme « génocide ».