Stanislas Guerini, porte-parole du groupe La République en marche (LREM), a dit jeudi souhaiter que le déontologue de l’Assemblée nationale soit saisi, après que Jean-Luc Mélenchon a traité Manuel Valls de « nazi », selon un député.

« Qui pourrait trouver normal que Manuel Valls se fasse traiter de ‘nazi’, qu’on soit dans le même groupe parlementaire ou pas ? C’est inacceptable », a déclaré M. Guerini sur Radio Classique.

« Je pense qu’il faut que le déontologue de l’Assemblée nationale soit saisi ».

« Il doit y avoir une suite, effectivement. C’est inacceptable que des propos comme cela soient tenus dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. »

« Je ne suis pas déontologue à la place du déontologue mais je pense personnellement qu’il peut effectivement y avoir des sanctions », a ajouté le député de Paris.

Selon Le Canard enchaîné, Jean-Luc Mélenchon a entre autres qualifié, le 3 octobre à l’Assemblée, l’ancien Premier ministre de « nazi », un terme confirmé à plusieurs médias par le député PS David Habib, proche de Manuel Valls.

« Je n’ai dit ni ne pense que Valls soit +nazi+. Il est en perdition politique », a tweeté un peu plus tard M. Mélenchon.

« Je ne l’ai pas entendu mais il l’a dit, selon différents témoins. Mais devant moi en revanche, il a proféré de nombreuses insultes ». « Ce n’est pas un coup de colère de sa part (…) C’est une manière pour lui de disqualifier », a expliqué Manuel Valls jeudi sur Europe 1.

Manuel Valls à l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier diffusée le 16 janvier 2016 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Manuel Valls à l’émission On n’est pas couché de Laurent Ruquier diffusée le 16 janvier 2016 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Mélenchon a démissionné de la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie au motif qu’elle est présidée par l’ancien Premier ministre à qui il reproche une « proximité avec les thèses ethnicistes de l’extrême droite ». Manuel Valls a quant à lui récemment accusé les députés de La France insoumise de tenir un « discours islamo-gauchiste ».

Le chef de file de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, « finira politiquement par mourir » de son « incapacité à maîtriser sa parole », a estimé jeudi l’ancien ministre socialiste Michel Sapin.

M. Sapin était interrogé lors de l’émission de « Questions d’info » LCP-franceinfo-Le Monde-AFP, sur la passe d’armes entre Jean-Luc Mélenchon et l’ancien Premier ministre PS Manuel Valls autour de la mission parlementaire sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.

Jean-Luc Mélenchon « est dans l’imprécation continuelle. Il est dans la grossièreté et l’injure comme arguments (…), ça ne fait que dévaloriser sa parole », selon ce proche de François Hollande.

Michel Sapin (Crédit : wikimedia commons)

Michel Sapin (Crédit : wikimedia commons)

« La manière dont, par exemple, il a traité Manuel Valls est une manière insupportable, insupportable », a-t-il jugé.

« Il finira, je le dis clairement, il finira politiquement par mourir de cette incapacité à maîtriser sa parole », a poursuivi l’ancien ministre des Finances. « Parce qu’à un moment donné en politique, on finit par payer l’accumulation des injures, l’accumulation de gros mots, l’accumulation des grossièretés », a-t-il insisté.

« C’est une manière qui est assez ancienne chez lui, mais lorsqu’il était socialiste, et il l’a été longtemps, disons qu’on maîtrisait ça à l’intérieur de nos débats du PS. Et là, il ne maîtrise plus rien, il est complètement fou de sa propre image, il est complètement obsédé par lui-même », a encore déclaré M. Sapin.