Le chef politique du Hamas Khaled Meshaal a admis que des membres du Hamas ont tué les trois adolescents israéliens en Cisjordanie en juin, précisant toutefois que la direction de l’organisation n’a pas été mise au courant à l’avance des détails du plan d’enlèvement, dans une interview publiée par Yahoo News vendredi.

Interviewé par Michael Isikoff à Doha, capitale du Qatar, Meshaal a déclaré que la direction du Hamas a pris connaissance des détails de l’assassinat des trois adolescents, Naftali Fraenkel, Gil-ad Shaar et Eyal Yifrach, de l’enquête israélienne.

« Nous n’étions pas au courant de cette mesure prise par ce groupe de membres du Hamas à
l’avance », dit-il.
« Mais nous comprenons que les gens soient frustrés sous l’occupation et l’oppression, et qu’ils prennent toutes sortes d’initiatives. »

Il a ajouté : « Nous avons pris connaissance de ces aveux de l’enquête israélienne… Le leadership politique du Hamas n’était pas au courant de tous ces détails. Nous les avons appris plus tard. »

Dans le même souffle, Meshaal a affirmé que le Hamas était différent de l’Etat islamique d’Irak et du Levant (EIIL devenu l’EI) – qu’il qualifie de
« groupe religieux violent » qui est un « phénomène totalement
différent » du Hamas – car ce dernier ne vise pas les civils, dirigeant ses roquettes « la plupart du temps » sur des cibles militaires et des bases de Tsahal.

« Notre point de vue est que les soldats et les colons de Cisjordanie sont des agresseurs, qui vivent illégalement dans ce pays occupé et volé. Et le droit de résister est celui des Palestiniens », a-t-il affirmé, insinuant que les trois jeunes qui ont été trouvés morts près de Hébron étaient des cibles légitimes parce que leur école était située en Cisjordanie.

« C’est une occasion pour moi de dire que nous sommes opposés au meurtre de tous les civils, de journalistes » a-t-il déclaré à Isikoff. Alléguant que c’est Israël qui tue des civils et des journalistes sur le mode de l’EI, et non le Hamas, Meshaal annonce que le Hamas, à l’avenir, prendra des mesures pour avertir les civils israéliens d’attaques imminentes, tout comme le fait Israël à Gaza.

Il admet, cependant, que le Hamas « peine » à diriger ses frappes sur des cibles militaires exclusivement.

« Nous ne disposons pas d’armes sophistiquées. Nous n’avons pas les armes que détient notre ennemi… ainsi, viser est difficile… Nous promettons que si nous obtenions des armes plus précises, nous ne ciblerons que des objectifs militaires », pointe-t-il.

Mashaal a tenu à distinguer le Hamas de l’EI, qui a essuyé une vague de critiques cette semaine après avoir diffusé une vidéo montrant la décapitation du journaliste américain James Foley.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est empressé de souligner les similitudes entre les tactiques et les objectifs des deux organisations, déclarant que « le Hamas ressemble à l’EIIL, et l’EIIL ressemble au Hamas ». Meshaal, cependant, conteste la comparaison, la qualifiant de « mensonge » concocté pour « biaiser » le public américain.

« Nous ne sommes pas un groupe religieux violent », a déclaré Mashaal, faisant remarquer que le Hamas, contrairement l’EI, opère uniquement en Israël, à Gaza et en Cisjordanie.

« Nous combattons l’agression dans notre pays », a-t-il conclu.