L’absence de solution à la question palestinienne mènera à un conflit ouvert – un « bain de sang » – affirme le chef du bureau politique de Hamas, Khaled Meshaal. Il ajoute que les violences à Jérusalem étaient une réaction à l’ « agression israélienne ».

« L’entêtement israélien combiné à l’impuissance internationale pour résoudre la question palestinienne avec juste une solution, permettre au peuple palestinien d’utiliser son droit à l’autodétermination – mèneront au chaos dans la région, et non pas uniquement dans l’arène palestinienne, mais à un conflit ouvert – un bain de sang. Nous vous mettons en garde contre les dangers de laisser la question palestinienne sans solution et d’enlever tout espoir au peuple palestinien », a déclaré Meshaal dans une interview accordée à Sky News jeudi.

Le chef du Hamas, basé au Qatar, dont le groupe terroriste appelle ouvertement à la destruction d’Israël, et qui a tiré près de 4 500 roquettes et autres projectiles sur Israël pendant la guerre de cet été, a tenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu responsable de la récente vague de violence à Jérusalem.

Cette série d’attaques terroristes palestiniennes a tué des dizaines d’Israéliens depuis mi-octobre. Il a accusé Netanyahu de « jouer avec le feu » et transformer « un combat national » en un « combat religieux » en permettant aux membres de la Knesset et les extrémistes d’accéder au mont du Temple.

L’accord actuel au sujet du site, le site le plus saint du judaïsme et le troisième de l’islam, stipule que les visiteurs non-musulmans sont autorisés à accéder au site mais la prière juive est interdite.

Le mois dernier, le service de sécurité du Shin Bet a révélé que les membres d’une branche du Hamas basée en Cisjordanie, mais qui recevait les ordres des quartiers généraux de la Turquie, tentaient d’organiser des attaques terroristes dont une au stade Teddy de Jérusalem et une autre dans le tramway.

Meshaal soutient que cette flambée de la violence est une « réaction » aux actions israéliennes. Il explique que le massacre à la synagogue de Har Nof le 18 novembre – « l’une des rares occasions où une synagogue a été prise pour cible » – était dû à une « colère extrême » face à la situation au mont du Temple, qui abrite la mosquée al-Aqsa et le Dôme du Rocher.

Quatre fidèles en prière et un policier druze, qui avait essayé d’arrêter l’attaque, ont été tués par deux cousins du quartier de Jabel Mukaber de Jérusalem-Est. C’était l’une des attaques les plus meurtrières de l’année.

Le dirigeant du Hamas a affirmé que Netanyahu portait la responsabilité des actions des terroristes « car ils n’ont pas l’espoir que la cause palestinienne soit résolue ».

Encensant ce qui semble l’être l’absence de leadership de ces terroristes – qu’Israël a nommé les attaques de « loups solitaires » – Meshaal précise que « quand la colère de la population atteint ses limites, elle explose, et s’exprime de manière qui surprend tout le monde ».

Il ne s’est pas permis de critiquer directement le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a condamné l’attaque de la synagogue, mais il a soutenu que les coopérations sécuritaires entre la sécurité israélienne et les forces de l’AP en Cisjordanie était inacceptable.

Il a ajouté que la voie des négociations avec Israël dans laquelle Abbas s’est engagée, s’est prouvée être « inutile » et un échec.

Le président de l’AP, qui « a des positions qui satisfont les standards occidentaux et américains », n’a rien reçu en retour. Il conclut que « l’occupation israélienne telle qu’elle existe aujourd’hui, comme toutes les occupations de l’Histoire, ne se retirera pas des terres occupées, sauf sous la pression. Ils ne se retireront pas volontairement ».

« Le comportement des Israéliens nous envoie un message clair », poursuit Meshaal.

Le Hamas rejette clairement le droit d’Israël d’exister et a refusé de renoncer au terrorisme. Sa charte rejette également tout accord négocié, les qualifiant de « tentatives vaines » et ajoute que la seule solution est le Jihad.

Depuis qu’il a violemment évincé de Gaza l’AP d’Abbas en 2007, le Hamas a détourné les ressources de Gaza pour fabriquer des roquettes et creuser des tunnels transfrontaliers. Il a aussi installé sa machine de guerre au cœur des quartiers résidentiels. Il a combattu trois fois avec Israël, le dernier en date étant la guerre de 50 jours cet été.

Prenant un ton plus conciliant au sujet de l’AP, le leader du Hamas a affirmé sur Sky News que son organisation restait engagée dans le processus de réconciliation avec Abbas et cherchait pas « uniquement le pouvoir ».

« Le Hamas veut être en partenariat avec les gens, le pouvoirs et les personnalités de l’AP pour créer un futur palestinien prometteur », a-t-il indiqué.

Meshaal a fustigé la communauté internationale qui ne fait rien pour résoudre le conflit. Il se félicite des décisions prises récemment par certains Parlements européens à reconnaître unilatéralement un Etat palestinien, même si ce n’est que symboliquement.

« La question est quelle est la position palestinienne du Hamas, du Fatah ou de tout autre faction palestinienne, qui satisfera la communauté internationale pour la convaincre de nous aider à atteindre nos buts. Nous nous sommes montrés flexibles pour tenter de trouver une solution lorsque les dirigeants palestiniens ont tous accepté la résolution basée sur les frontières de 1967. L’Occident l’a rejeté, les Israéliens aussi, et il y a des parties qui ont conspiré contre. Qu’est-ce que la communauté internationale veut ? ».

Meshaal considère que le conflit de 50 jours de cet été entre Israël, le Hamas et les autres groupes terroristes est ce qui a mené « au changement des positions occidentales » sur la question palestinienne et entraîné cette reconnaissance des Parlements européens.

Israël a lancé l’opération Bordure protectrice le 8 juillet pour arrêter les tirs aveugles de roquettes du Hamas et d’autres groupes terroristes sur les villes israéliennes et pour détruire les tunnels terroristes grâce auxquels les terroristes s’infiltraient en territoire israélien.

Pendant l’opération, le Hamas a rejeté un certain nombre de propositions de cessez-le-feu et en a violé un certain nombre de ceux qui ont été adoptés.

Israël a perdu 66 soldats, six civils et un travailleur agricole thaïlandais, durant le conflit qui a duré un mois.

Tandis que le nombre de morts palestiniens a dépassé les 2 100 morts, selon des responsables du Hamas à Gaza. Israël affirme que la moitié des morts de Gaza étaient des hommes armés du groupe terroriste et a blâmé le Hamas pour tous les morts de civils, car il opérait à partir de zones résidentielles, plaçant les habitants de Gaza en danger.

Les négociations de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne, qui ont été organisées sous l’égide des Américains, ont pris fin en avril lorsqu’Abbas a signé le pacte d’unité avec le Hamas. Netanyahu a refusé de continuer à négocier avec un gouvernement qui repose sur le soutien d’un groupe terroriste.

Les Palestiniens vont maintenant se présenter au Conseil de sécurité de l’ONU pour présenter un projet de résolution demandant le retrait israélien des lignes de 1967 d’ici deux ans.