Le chef du mouvement terroriste palestinien Hamas, Khaled Meshaal, a rejeté jeudi toute tentative qui viserait à désarmer ses combattants dans la bande de Gaza, l’une des exigences d’Israël en vue d’un accord à long terme.

« Les armes de la résistance sont sacrées. Et nous n’accepterons pas qu’elles soient à l’ordre du jour » des prochaines négociations prévues par l’accord de cessez-le-feu, a déclaré Meshaal lors d’une conférence de presse à Doha (Qatar) où il vit en exil.

« Cela ne peut faire l’objet de marchandages ou de négociations. Personne ne peut désarmer le Hamas et sa résistance », a-t-il ajouté, défiant ainsi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui pose le désarmement du mouvement islamiste comme préalable à toute solution à long terme.

Un accord de cessez-le-feu conclu mardi prévoit notamment l’allègement du blocus de Gaza.

Outre la démilitarisation, la réouverture de l’aéroport et du port maritime de Gaza doivent être discutées au Caire.

« Les armes de la résistance sont la garantie que nos revendications ne seront pas contournées », a affirmé le chef du Hamas.

Khaled Meshaal a également confirmé que Mohammed Deif, chef du bras armé du mouvement, avait réchappé à une tentative israélienne d’élimination au cours de laquelle son épouse et deux enfants ont été tués.

« Mohammed Deif se porte bien, contrairement aux voeux de l’occupation », a-t-il dit, sans donner plus de détails.

Cette guerre à Gaza « est une étape importante sur la voie de la libération et la fin de l’occupation » des territoires palestiniens, a-t-il martelé, ajoutant que son mouvement « n’avait pas obtenu satisfaction sur toutes ses demandes (…) mais sur une partie importante d’entre elles », citant notamment le blocus de Gaza.

Il a, dans ce contexte, pressé les autorités égyptiennes d’ouvrir le point de passage de Rafah. « Il est du devoir de nos frères en Egypte d’ouvrir rapidement Rafah », a-t-il dit, en louant la médiation du Caire dans la conclusion de la trêve.

Selon lui, les hommes armés palestiniens ont battu en brèche « d’une manière sans précédent l’idée selon laquelle l’armée israélienne est invincible ». Avec cette guerre, les insurgés islamistes sont parvenus à créer « un équilibre en vertu duquel la peur et l’insécurité sont partagées ».

Khaled Meshaal a réaffirmé l’engagement du Hamas à poursuivre le processus de réconciliation avec l’Autorité palestinienne, assurant « se tenir aux côtés du gouvernement d’union », en place depuis le 2 juin qui, a-t-il dit, peut « exercer toutes ses prérogatives à Gaza comme en Cisjordanie ».

Mais il a exclu une visite rapide du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans la bande de Gaza, contrôlée par son mouvement. « Nous attendons les conditions propices » pour une telle visite, a-t-il dit.