Le vice-ministre Michael Oren a déclaré mardi que les plus grands vainqueurs de la guerre de Six Jours étaient le peuple palestinien.

S’exprimant pendant un événement à Jérusalem marquant les 50 ans du conflit, il a affirmé qu’avant 1967, le concept de « Palestinien » n’existait pas comme nous le connaissons maintenant.

Oren, maintenant vice-ministre en charge de la diplomatie auprès du Premier ministre, s’est exprimé comme un historien plus que comme un député pendant cet événement organisé par The Israel Project au quartier général de l’Institut de Jérusalem pour la recherche politique.

Ses propos s’inscrivent dans la continuité des études qu’il a effectuées pour son livre fondateur publié en 2002 Six Days of War: June 1967 and the Making of the Modern Middle East (Six jours de guerre : juin 1967 et la construction du Moyen Orient moderne).

Michael Oren lors d'un débat politique à l'Université Hébraïque de Jérusalem, en mars 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Michael Oren lors d’un débat politique à l’Université Hébraïque de Jérusalem, en mars 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Il ne s’est que peu exprimé sur la question de savoir où en est le processus de paix avec les Palestiniens aujourd’hui.

« Nous sommes dans un processus, mais je ne peux pas trop en parler », a dit Oren, ancien ambassadeur israélien aux Etats-Unis.

Les efforts actuels, dont il a dit qu’ils devaient être entrepris en étroite collaboration avec l’administration américaine, « ne vont peut-être pas créer deux états, mais proposer une solution diplomatique ».

Pour beaucoup, le 50e anniversaire de la victoire israélienne dans la guerre des Six Jours a un arrière-goût amer. Il représente le demi-siècle depuis que la Vieille Ville et d’autres sites juifs historiques sont revenus à des mains juives, mais aussi un demi-siècle de contrôle militaire israélien sur les Palestiniens.

Interrogé sur la double nature du jubilé, Oren a déclaré que la réunification de Jérusalem « peut-être célébrée et doit être être célébrée ».

Concernant les Palestiniens, Oren a déclaré que jusqu’à 1967, les Arabes en Israël, dans la Cisjordanie annexée par la Jordanie et dans la bande de Gaza occupée par l’Egypte se voyaient comme des groupes disparates, regardant uniquement vers l’extérieur pour se sauver.

« Je vais vous surprendre. Les plus grands vainqueurs de la guerre de Six Jours sont … ? » , a demandé Oren aux journalistes et aux diplomates étrangers présents dans la salle. Après un moment de silence, ce journaliste a répondu : « vous voulez dire les Palestiniens ».

« Yep », a-t-il répondu.

Palestinians marching with posters of Yasser Arafat, left, and Mahmoud Abbas at a Fatah rally in Ramallah in January 2013. (photo credit: Issam Rimawi/Flash90)

Rassemblement du Fatah avec des posters de Yasser Arafat, à gauche, et Mahmoud Abbas à Ramallah, en janvier 2013. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

C’est l’échec des armées arabes à vaincre Israël lors de la guerre des Six Jours qui a inspiré les Palestiniens à s’unir et à lutter pour leur propre indépendance, a-t-il assuré.

En 1967, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui a été créée au Caire en 1964, a fusionné avec le Fatah qui a été fondé dans les états du Golfe en 1959, sous la direction de Yasser Arafat.

L’organisation a rassemblé un certain nombre de petits groupes et partis dans une seule instance représentative des Palestiniens, avec l’objectif de créer un état palestinien.

Selon Oren, ce type de coopération était impensable avant la guerre des Six Jours.

D’autre part, a-t-il poursuivi, la guerre de 1967 a ouvert la voie aux accords de paix « transformateurs » avec l’Egypte en 1979 et la Jordanie en 1994.

Pour Israël, le vainqueur le plus évident de la guerre de 1967, il y a eu comme autre avantage que cela a sensiblement amélioré les relations avec les Etats-Unis, malgré l’attaque d’un navire de guerre américain, le USS Liberty, lors du conflit, qui a entraîné la mort de 34 membres d’équipage.

Levi Eshkol, Premier ministre d'Israël, avec le président américain Lyndon B. Johnson dans le ranch de ce dernier, le 7 janvier 1968. (Crédit : Bibliothèque LBJ/Moriah Films)

Levi Eshkol, Premier ministre d’Israël, avec le président américain Lyndon B. Johnson dans le ranch de ce dernier, le 7 janvier 1968. (Crédit : Bibliothèque LBJ/Moriah Films)

« L’alliance stratégique américaine a commencé le Septième Jour », a déclaré Oren.

Avant 1967, a-t-il ajouté, les Etats-Unis étaient « un ami, pas un allié stratégique ».

A la suite de la guerre des Six Jours, la vision américaine a changé et les Etats-Unis ont commencé à voir Israël comme une nouvelle puissance au Moyen Orient, capable de défier des armées soutenues par l’Union soviétique.

Oren a également déclaré que le monde devrait reconnaître que le plateau du Golan appartenait à Israël, tout particulièrement à la lumière de la crise actuelle en Syrie.

« Sans une présence israélienne sur le plateau du Golan, une bonne partie de la région serait en danger, a-t-il déclaré. [L’Etat islamique] serait à la pointe nord du lac de Tibériade. »