Michel Boujenah jouera bien son spectacle « Ma vie rêvée » malgré l’appel au boycott lancé par le syndicat UGTT, la branche tunisienne du BDS et le parti politique Al Jouhoumri, contre l’humoriste juif français d’origine tunisienne suite à l’annonce de sa participation au festival international de Carthage prévu le 19 juillet prochain.

« L’appel à boycotter le spectacle de Boujenah, sous prétexte de lutte contre le sionisme, n’est rien de plus qu’un acte anti-juif quand on sait qu’il s’agit d’un Tunisien qui a toujours crié haut et fort son attachement au pays… », a récemment affirmé Yamina Thabet, présidente de l’Association tunisienne du Soutien des Minorités, durant une interview.

Mokhtar Rassaa, le directeur du festival, avait déclaré lors d’un entretien accordé à la radio Mosaiquefm, que Boujenah n’était « ni un grand sioniste, ni un leader du sionisme ! C’est un juif, il a un attachement à Israël, comme nous, musulmans, avons un attachement à la Mecque, » des propos cités par France 24.

« Mon amour pour la Tunisie est indéfectible et ceux qui me connaissent savent que je ne milite que pour la paix, depuis toujours, » a déclaré l’artiste juif au quotidien Nice-Matin.

« Nous juifs de la Diaspora, n’avons aucune retenue dès qu’il s’agit de proclamer notre admiration pour Israël. Une admiration tout à fait justifiée lorsqu’on sait que le peuple auquel j’appartiens veut la paix avant tout », avait affirmé Boujenah lors d’une autre interview, cette fois donnée à la télévision.

Celui qui habite aujourd’hui à Saint-Paul-de-Vence et qui dirigera le prochain Festival de Ramatuelle avait également déclaré : « Je me sens juif, français, tunisien, sioniste et très proche d’Israël, tout en étant militant d’un état palestinien… Bref, un grand balagan ».

« Dans une démocratie naissante, il est normal qu’il y ait débat et contradiction, mais là, ce n’est pas réellement ma personne qui est en jeu, et je trouve qu’on en fait beaucoup trop là-dessus. On vit une période historique compliquée, où l’on veut toujours exporter le conflit israélo-palestinien partout ! », a déploré l’artiste franco-tunisien. Ma position, c’est juste de soutenir le processus encore fragile de la Tunisie, car si une démocratie peut vivre dans un pays musulman , c’est fondamental pour tout le monde », avait-il confié à Nice-matin.

L’humoriste a présenté son spectacle à l’auditorium de la Tal Buisness School à Ramat Aviv le 28 juin dernier.

Dans ce one-man-show, où l’on voit réapparaître le chapeau devenu sa marque de fabrique, le comédien raconte une vie imaginaire et fantasmée, parsemée ici et là d’événements vécus, de morceaux vrais, tout en s’appuyant sur les événements de sa propre existence.

En 2009, Gad Elmaleh, également humoriste et comédien juif français a été contraint d’annuler une tournée au Liban, après des menaces quant à son judaïsme.

En 2014, c’est Bernard-Henri Lévy, un philosophe juif et fervent défenseur d’Israël, qui a été accueilli à l’aéroport de Carthage, en Tunisie, par des manifestants qui scandaient : « non au pouvoir sioniste en Tunisie » et « va-t’en ! »