Migrants africains : manifestation devant le domicile de la chef de la Cour Suprême
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Migrants africains : manifestation devant le domicile de la chef de la Cour Suprême

L’une des organisatrices a été arrêtée alors que la police tentait de maintenir les manifestants à distance de l’habitation d’Esther Hayut

Illustrative: South Tel Aviv residents protesting in front of the Knesset against the government's lack of a solution to the overflow of African migrants in October. (Hadas Parush/Flash90)
Illustrative: South Tel Aviv residents protesting in front of the Knesset against the government's lack of a solution to the overflow of African migrants in October. (Hadas Parush/Flash90)

Environ 100 habitants du sud de Tel Aviv ont manifesté au sein de la municipalité aux abords du domicile de la présidente de la Haute cour Esther Hayut samedi soir contre ce qu’ils ont qualifié d’inaction de l’instance judiciaire au sujet des migrants africains.

La police a arrêté Sheffi Paz, l’une des organisatrices du mouvement de protestation.

La police a fait savoir que tandis qu’elle s’engageait à garantir le droit à la liberté d’expression et à manifester, il avait été demandé aux protestataires de ne pas trop s’approcher de l’habitation de Hayut, conformément à une note sécuritaire livrée par les services du Shin Bet.

Paz, 65 ans, a été arrêtée pour “trouble à l’ordre public”.

Elle a été plus tard libérée et a reçu l’instruction de se tenir à distance du secteur pendant 15 jours, a fait savoir la police.

Israël a fait savoir qu’il y a environ 40 000 migrants clandestins qui résidaient dans le pays en 2016, presque tous originaire d’Erythrée et du Soudan. Un grand nombre d’entre eux vivent dans les quartiers les plus défavorisés du sud de Tel Aviv, où certains habitants leur attribuent la responsabilité de la hausse du taux de criminalité dans la ville.

Israël, ces dernières années, a cherché à limiter le nombre d’immigrants. L’Etat juif a fait construire une clôture le long de la frontière avec l’Egypte, une route de transit commune, et a envoyé de nombreux migrants dans un centre de détention installé dans le désert – et, dans certains cas, dans des pays-tiers en Afrique, qui ont été identifiés comme étant l’Ouganda et le Rwanda.

Nombreux sont les migrants qui affirment avoir fui les conflits et les persécutions, réclamant le statut de réfugiés. Les responsables israéliens soutiennent qu’ils sont des migrants économiques et ont résisté aux appels à les reconnaître comme réfugiés.

Entre 2009 et 2015, 2 408 Erythréens ont réclamé le statut de réfugié en Israël. L’Etat a répondu à 1,42 % de ces requêtes, soit 45 personnes, rejetant 40 dossiers d’emblée et accordant une protection temporaire à cinq d’entre eux, tandis que le ministère de l’Intérieur a offert le statut de réfugié à quatre personnes.

Le taux d’octroi du statut de réfugié en Israël est drastiquement inférieur aux niveaux internationaux. Selon le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR), 84 % des Erythréens et 56 % des Soudanais qui réclament ce statut l’ont reçu ou ont bénéficié d’une protection élargie dans le monde en 2014.

La Haute-cour, au mois d’août, a approuvé un plan gouvernemental d’expulsion des migrants dans un pays tiers, même si elle a ensuite statué que le gouvernement ne pourra plus les détenir dans un centre pour faire pression sur eux dans l’attente d’un consentement à l’expulsion dans un pays tiers.

Le cabinet, la semaine dernière, a voté en faveur de la fermeture du principal centre de détention Holot, dans les prochains mois.

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