Israël est la « terre » des Juifs, a déclaré le chef de l’opposition britannique et chef du parti travailliste, Ed Miliband, jeudi à la Knesset.

Il a également remercié le pays d’être un « sanctuaire » pour sa grand-mère qui a vécu à Tel Aviv pendant plus de dix ans. Il a cependant préféré ne pas indiquer s’il se considérait comme sioniste.

« Pour moi, Israël est une terre pour le peuple juif, » a-t-il déclaré devant des étudiants israéliens. L’un d’eux lui a en effet demandé de clarifier une déclaration qu’il avait faite l’année dernière.

Décrire Israël comme terre des Juifs n’est « pas seulement une théorie pour moi, c’est mon expérience familiale. C’est en quelque sorte comme ça que je le vois et c’est mon expérience familiale, ça vient de ma famille. C’est comme ça que j’aime en parler, » a-t-il affirmé.

En mars 2013, Miliband, fils d’immigrés polonais, avait été interrogé pour savoir s’il était sioniste. Il a répondu « Oui. Je considère que je soutiens Israël, » mais moins de 24 heures après cette déclaration, le bureau de Miliband a indiqué que son commentaire avait été mal interprété et qu’il avait seulement voulu souligner son ferme soutien à Israël.

Miliband a participé jeudi à une session questions-réponses qui a duré une heure, à l’Université hébraïque. Les questions portaient sur des sujets variés, comme la montée de l’islamisme en Grande-Bretagne et les politiques de Londres concernant la Crimée et les Malouines.

Plusieurs personnes ont également demandé à Miliband s’il était sioniste. Mais le chef travailliste, qui a de fortes chances de succéder au Premier ministre David Cameron en mai 2015, a évité ce sujet.

Lors d’un discours de Cameron à la Knesset le mois dernier, le Premier ministre a également décrit Israël comme « une terre pour le peuple juif. » Cameron n’a cependant pas approuvé la demande de son homologue israélien, Benjamin Netanyahu, qui veut que les Palestiniens reconnaissent Israël comme l’État-nation du peuple juif.

En 2007, trois ans avant de devenir Premier ministre, Cameron se serait qualifié de sioniste lors du repas annuel des Amis conservateurs d’Israël. « Si par sioniste vous voulez dire que les Juifs ont droit à une patrie en Israël et droit à un pays, alors je suis sioniste. » aurait-il déclaré, selon le quotidien Haaretz.

La semaine dernière, le secrétaire britannique de l’Éducation, Michael Gove (parti conservateur) aurait salué plusieurs politiciens britanniques pour leurs vues pro-sionistes. Il aurait demandé « Pourquoi ne seriez-vous pas sioniste ? Ça tombe sous le sens. »

Miliband, âgé de 44 ans, se trouve en Israël pour une visite de trois jours, pendant laquelle il devait rencontrer plusieurs hauts responsables israéliens et palestiniens. Ces rencontres incluent Netanyahu, le chef travailliste de l’opposition Isaac Herzog et la négociatrice en chef israélienne, Tzipi Livni. Cette visite constitue son premier voyage important depuis qu’il occupe le poste de chef de l’opposition en 2010.

Avant de répondre aux questions des étudiants jeudi, Miliband a brièvement évoqué ses sentiments au regard du fait qu’il se trouve dans un pays qu’il a visité pour la première fois à l’âge de sept ans pour visiter sa grand-mère, dont le mari avait été tué par les nazis.

« Je suis venu ici, conscient de mon histoire familiale et avec une immense gratitude envers Israël pour ce qu’ils ont fait pour ma grand-mère, » a déclaré Miliband. « Israël était un sanctuaire pour elle, après l’épreuve la plus indescriptible. C’est donc pour moi aussi une visite à titre personnel. »

Miliband s’est également prononcé sur le processus de paix et la légalité des implantations israéliennes situées au-delà des frontières de 1967.

Au début de son dialogue avec les étudiants, Miliband a déclaré qu’il était venu pour « écouter, apprendre, et non faire la morale. » Il a cependant approuvé une solution à deux Etats et affirmé qu’en cette « période sensible » du processus de paix, il était recommandé de reprendre le dialogue.

« La meilleure manière d’avancer pour Israël, la meilleure manière d’avancer pour le peuple palestinien, est la reprise et la poursuite du dialogue pour un résultat fructueux, » a-t-il déclaré. Miliband faisant référence aux négociations de paix menées par les États-Unis, qui sont sur le point de connaître une crise.

Pour répondre à une question sur les critiques des implantations israéliennes de la part de son parti, Miliband a indiqué que leur expansion est « illégale. » Il n’a cependant pas utilisé ce terme pour qualifier les implantations existantes.

« Je crois fermement que la croissance des implantations est une question importante pour le processus de paix, » a-t-il affirmé.

« La croissance des implantations, les nouvelles implantations [sont] illégales selon le droit international. C’est un vrai problème, et comme Israël veut un accord, une solution à deux Etats qui garantit la sécurité qu’il mérite et qu’il veut, je pense que c’est un problème qui doit être résolu. »