Quelques jours après l’arrêt de la seule centrale électrique en fonctionnement de la bande de Gaza en raison d’une pénurie de carburant, l’envoyé des Nations unies dans la région a demandé aux dirigeants palestiniens de mettre de côté leurs querelles internes et de résoudre la crise énergétique qui frappe l’enclave côtière.

Le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen Orient, Nickolay Mladenov, a également vivement recommandé mercredi à Israël de laisser entrer dans Gaza les matériaux et les équipements nécessaires à la réparation et à la maintenance des infrastructures électriques de la bande, demandant l’aide de la communauté internationale pour assurer à nouveau un approvisionnement énergétique à Gaza.

« Les conséquences sociales, économiques et politiques de cette crise énergétique imminente ne doivent pas être sous-estimées, a déclaré Mladenov. Les Palestiniens à Gaza, qui vivent un état de crise humanitaire prolongée, ne peuvent plus être pris en otage par les désaccords, les divisions et les fermetures. »

Dimanche, Samir Metir, président du fournisseur d’électricité de l’enclave palestinienne dirigée par le Hamas, a indiqué que tout le carburant de la centrale, acheté grâce à des financements du Qatar et de la Turquie, avait été utilisé.

Il a également indiqué qu’il ne savait pas si le territoire palestinien en recevrait davantage en raison d’un « conflit » survenu entre l’autorité chargée de l’électricité à Gaza et l’Autorité palestinienne en Cisjordanie.

Nickolay Mladenov en 2013 (Crédit : ONU/Marco Castro)

Nickolay Mladenov en 2013 (Crédit : ONU/Marco Castro)

L’approvisionnement en carburant pour les deux millions d’habitants de Gaza est depuis longtemps une source de conflit, la majorité des logements à Gaza bénéficient de deux périodes de huit heures par jour d’alimentation en électricité, même lorsque la centrale fonctionne normalement.

« La réforme de la compagnie de distribution d’électricité de Gaza (GEDCO) est essentielle pour améliorer la collecte des revenus et la transparence conformément aux normes internationales, a déclaré Mladenov. Les autorités de facto de Gaza doivent s’assurer que les taux de collecte s’améliorent et que les revenus qui sont collectés à Gaza sont remis entre les mains des autorités palestiniennes légitimes afin de s’assurer de la bonne marche de l’approvisionnement en carburant et en électricité. Tout le monde, à Gaza, doit porter sa part du fardeau en payant ses factures. Ce sont les Palestiniens les plus pauvres de Gaza qui paient le prix des exceptions et des privilèges dont jouissent les autres. »

« Cette réforme, ainsi que tous les investissements nécessaires pour réduire les pertes en électricité et moderniser le réseau gazaoui, doivent être financés et soutenus par la communauté internationale, mais cette dernière ne peut pas tout faire seule. Elle doit pouvoir avancer main dans la main avec le gouvernement palestinien pour faciliter l’achat de carburant pour la centrale électrique de Gaza (GPP) selon des conditions qui soulageront temporairement ou réduiront de façon substantielle les taxes sur les carburants concernés. »

Le groupe terroriste du Hamas s’est saisi de Gaza à l’occasion d’un violent coup d’état en 2007 fomenté contre le Fatah qui contrôle l’Autorité palestinienne, située à Ramallah, et présidée par Mahmoud Abbas. Israël et l’Egypte ont alors initié un blocus sécuritaire pour empêcher le groupe terroriste, qui a juré de détruire Israël, d’importer des armes et des matériaux dans la bande de Gaza.

Les camions transportant du carburant pour la bande de Gaza entrent dans la ville de Rafah par le passage de Kerem Shalom, entre Israël et le sud de Gaza, le 16 mars 2014. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

Les camions transportant du carburant pour la bande de Gaza entrent dans la ville de Rafah par le passage de Kerem Shalom, entre Israël et le sud de Gaza, le 16 mars 2014. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

« Israël a également une responsabilité importante dans l’aide à apporter en facilitant l’entrée des matériaux pour les réparations et la maintenance du réseau et de la centrale électrique, a ajouté Mladenov. Les lignes électriques égyptiennes vers Gaza doivent également être réparées et modernisées. »

La semaine dernière, Israël avait averti de la crise de carburant à venir, demandant au Hamas de payer le gazole qu’il avait consommé et qui est fourni par l’entreprise énergétique israélienne Dor.