Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche à Buenos Aires près du Parlement pour soutenir la présidente argentine Cristina Kirchner, qui prononçait devant les parlementaires son dernier discours d’ouverture de la session législative.

Elue en 2007 et réélue en 2011, Kirchner, ébranlée depuis janvier par la mort d’un procureur qui l’avait mise en cause, quittera le pouvoir le 10 décembre 2015.

La présidente péroniste de centre-gauche, 62 ans, avait succédé à son mari Nestor Kirchner (2003-2007). Elle ne se présentera pas à la présidentielle d’octobre, la constitution n’autorisant pas plus de deux mandats consécutifs.

Sur la place du Congrès, les militants pro-Kirchner arrivés en autocar des banlieues de Buenos Aires et d’autres villes scandaient des slogans en faveur du gouvernement, pancartes à l’appui : « Cela va continuer », « Cristina, c’est le peuple ».

Les Kirchnéristes tenaient à se mobiliser en nombre dimanche après la grande marche silencieuse du 18 février, en hommage au procureur Alberto Nisman, qui avait accusé la présidente d’entrave à la justice dans l’enquête sur un attentat antisémite qui avait fait 85 morts à Buenos Aires en 1994. Le procureur est mort dans des circonstances mystérieuses le 18 janvier, quatre jours après avoir remis son rapport accusateur à la justice.

Dans l’esprit de l’opinion publique, le pouvoir est responsable de la mort du magistrat chargé d’élucider cet attentat contre le centre de la mutuelle juive AMIA, et qui accusait Mme Kirchner de protéger des responsables iraniens.

Kirchner a remporté jeudi une victoire judiciaire quand le juge fédéral Daniel Rafecas a rejeté l’accusation pour entrave à la justice.

Avant son discours télévisé sur l’état de la nation, Kirchner a salué les Argentins qui l’acclamaient entre le palais présidentiel et le Congrès.

Devant les parlementaires et la plupart des candidats à sa succession, elle devait dresser un bilan de sa présidence et dessiner les contours de sa dernière année d’exercice du pouvoir.

La première mesure phare de 2015 a été la dissolution du Secrétariat au renseignement (SI), remplacé par une Agence fédérale de renseignement (AFI), des ex-agents de la SI étant soupçonnés par Kirchner d’être derrière la mort d’Alberto Nisman.