Très ému et ne cachant pas son appréhension, il a souligné qu’un « romancier est plus doué pour l’écrit que pour l’oral ».

Dans son discours, retranscris en intégralité par Le Monde, Patrick Modiano a tenu à rendre hommage à Proust et à la mémoire : « D’être né en 1945, après que des villes furent détruites et que des populations entières eurent disparu, m’a sans doute, comme ceux de mon âge, rendu plus sensible aux thèmes de la mémoire et de l’oubli ».

Né d’un père juif italien proche de la Gestapo et de la pègre, il est l’auteur d’une oeuvre singulière marquée par l’Occupation allemande

Archéologue de la mémoire qui ne peut écrire que sur le passé, notamment les années 1940, Patrick Modiano, est l’auteur d’une oeuvre singulière, quête identitaire sans fin, entre romantisme et roman policier en trompe-l’oeil.

Le manque de tendresse dans son enfance le hante. On peut même se demander si toute son oeuvre n’est pas une longue lettre adressée à ses parents. Toujours est-il que le jeune mal aimé a donné aux lettres françaises une trentaine d’ouvrages, autant de bijoux de mélancolie et de mystère.

Patrick Modiano publie son premier roman La place de l’étoile en 1967, à 22 ans. Il obtient en 1972 le Grand Prix du Roman de l’Académie française pour Les Boulevards de ceinture, le Goncourt en 1978 avec Rue des Boutiques Obscures et le Grand prix national des lettres pour l’ensemble de son oeuvre en 1996.

Depuis, cet homme intranquille, d’une courtoisie parfaite, a conquis le public avec des fictions, comme Dora Bruder (1997), Un pedigree(2005), Dans le café de la jeunesse perdue (2007), L’herbe des nuits(2012) et Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, son 28e roman paru, en octobre 2014.

De ses livres, un néologisme est né : « modianesque » pour évoquer un personnage (ou une situation) ni logique, ni absurde, à mi-chemin entre deux mondes, entre ombre et lumière.

L’AFP a contribué à cet article.