Des milliers de Jordaniens ont crié « mort à Israël » mardi lors des funérailles d’un jeune tué par balles par un garde de l’ambassade israélienne à Amman alors qu’il l’avait attaqué.

Mohammed Jawawdah, 17 ans, serait venu installer dimanche une chambre à coucher dans l’ambassade mais une dispute a éclaté avec le garde israélien. Le jeune homme a attaqué et blessé l’employé de l’ambassade, qui a riposté en tirant sur lui.

Les coups de feu ont également touché mortellement le propriétaire de l’immeuble qui se trouvait à côté.

Le cercueil de Jawawdah a été transporté d’Al-Wihdat, un camp de réfugies palestiniens à l’est d’Amman, au cimetière toute proche d’Umm al-Hiran, où il a été inhumé.

De slogans comme « Mort à Israël », « Avec notre âme et avec notre sang, nous nous sacrifions pour le martyr » ou « Nous marcherons par millions pour libérer Jérusalem » ont été entonnés par les manifestants, qui brandissaient des drapeaux palestiniens et jordaniens ainsi que des portraits du « martyr de l’ambassade », comme lors des manifestations dans plusieurs villes jordaniennes vendredi dernier.

« Le sang de Mohammed n’a pas été versé en vain », a assuré l’oncle du défunt, Sami, en disant que sa mort avait ouvert la voie au retrait mardi par Israël des détecteurs de métaux à l’entrée du mont du Temple, installés après le meurtre de deux policiers en service par trois Israéliens arabes, et qui ont été la cause de violences meurtrières entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes.

La Jordanie est le pays gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem.

Cette décision de retirer les détecteurs de métaux a été prise après une intense mobilisation diplomatique, la communauté internationale s’inquiétant du risque d’un débordement des tensions au-delà des Territoires palestiniens.

A Amman, une source gouvernementale a indiqué mardi à l’AFP que la Jordanie s’était « entendue » avec Israël sur un règlement de la crise du mont du Temple avant d’autoriser le retour en Israël du garde, qui s’est tout de suite entretenu avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l’ambassadrice en poste à Amman, Einat Shlein.

Dans une conférence de presse, le chef de la diplomatie jordanienne Aymane Safadi a affirmé mardi qu’il n’y avait pas eu d' »arrangement » ni de « négociations » avec Israël sur la fusillade à l’ambassade.

Selon lui, le gouvernement voulait interroger le garde de sécurité israélien avant de l’autoriser à quitter le pays, et « en dépit de l’immunité diplomatique, nous avons été en mesure de prendre sa déposition ».

Le Jordanie continuera l’enquête jusqu’à ce que « la vérité soit établie et la justice rendue », a dit M. Safadi qui s’exprimait en présence du porte-parole du gouvernement et du ministre d’Etat chargé des Affaires juridiques.

Dans le même temps, les forces de sécurité jordaniennes ont renforcé leur présence autour de l’ambassade israélienne, dans l’ouest de la capitale jordanienne, après de appels à manifester contre Israël lancés par des militants sur les réseaux sociaux.

Certains militants voulaient que la manifestation ait lieu mardi, d’autres proposant sa tenue vendredi après la prière hebdomadaire.

Les deux pays sont liés par un traité de paix signé en 1994.