Les experts mandatés par les juges français chargés de l’enquête sur la mort du dirigeant palestinien Yasser Arafat ont à nouveau écarté la thèse de l’empoisonnement au polonium à l’issue d’expertises complémentaires, a annoncé lundi la justice française.

En 2013, ces experts ainsi qu’une équipe russe avaient déjà exclu tout empoisonnement du chef historique des Palestiniens, décédé en novembre 2004 à l’âge de 75 ans à l’hôpital militaire Percy, près de Paris, après une brusque détérioration de son état de santé. Des experts suisses avaient, eux, jugé la thèse d’un empoisonnement « plus cohérente » avec leurs propres résultats.

Les nouvelles conclusions des Français « infirment l’hypothèse d’une ingestion aiguë de polonium 210 dans les jours précédent l’apparition des symptômes que présentait Yasser Arafat », a expliqué dans un communiqué Catherine Denis, procureure de Nanterre dans la banlieue parisienne.

Les experts « maintiennent que le polonium 210 et le plomb 210 mesurés dans la sépulture de Yasser Arafat et sur les échantillons prélevés lors de son exhumation ont une origine environnementale », a ajouté Mme Denis.

Pour aboutir à ces conclusions, les Français ont réexploité les « données brutes » issues de « l’analyse des mesures complètes par spectrométrie gamma » effectuées en 2004 par le service de protection radiologique des armées sur les échantillons d’urine prélevés sur Yasser Arafat lors de son hospitalisation, et n’y ont pas trouvé de polonium, a précisé la procureur.

Trois juges de Nanterre sont chargés depuis août 2012 d’une information judiciaire pour « assassinat », après une plainte contre X de Souha Arafat, épouse du dirigeant palestinien, déposée à la suite de la découverte de polonium sur des effets personnels de son mari.

La tombe d’Arafat avait été ouverte en novembre 2012 et une soixantaine d’échantillons prélevés sur sa dépouille répartis pour analyse entre les trois équipes d’experts suisses, français et russes.

Nombre de Palestiniens soupçonnent Israël, qui a toujours nié, d’avoir empoisonné Yasser Arafat avec des complicités dans son entourage.