Le chauffard français Eric Robic, qui avait écrasé la jeune israélienne Lee Zeitouni à Tel-Aviv en septembre 2011 avant de prendre la fuite, a été condamné à cinq ans de prison ferme par la justice française à Paris.

Le passager de la voiture, Claude Khayat, s’est vu quant à lui infliger une peine de 15 mois ferme.

Le procureur avait requis six ans de prison ferme contre Eric Robic, dont il a fustigé « l’immoralité totale », et trois ans de prison, dont un ferme, pour Claude Khayat.

Les deux hommes, qui sortaient de boîte de nuit, avaient pris la fuite après avoir renversée la jeune femme de 25 ans avec leur 4×4. Un drame qui avait causé une vive émotion en Israël et mis la France dans l’embarras.

Les deux fugitifs s’étaient réfugiés en France immédiatement après l’accident et Paris n’extrade pas ses ressortissants hors de l’Union européenne.

Nicolas Sarkozy, alors président, avait évoqué l’affaire et son épouse, Carla Bruni, avait écrit à la famille Zeitouni pour lui assurer que la France faisait le maximum pour que justice soit rendue.

Robic, qui a reconnu avoir bu avant l’accident, conduisait beaucoup trop vite et « faisait le fou » avant l’accident, a dénoncé le procureur Henry Guyomar qui a éreinté la fuite, « geste de lâcheté et d’une grande dissimulation ».

Claude Khayat a été « lâche », « un salaud, mais un salaud ordinaire », a estimé Me Régis Méliodon, avocat de la défense qui a dénoncé l’atmosphère « d’opération de communication » autour d’une affaire ultra-médiatisée et la « chronique d’une condamnation annoncée ».

Lee Zeitouni (Crédit : Autorisation)

Lee Zeitouni (Crédit : Autorisation)

Ils se sont félicités après la condamnation d’une « bonne justice » rendue, « sans céder aux pressions », et ont tous deux indiqué que leurs clients ne feraient pas appel.

Me Gilles-William Goldnadel, avocat de la famille Zeitouni, a pour sa part estimé : « La justice est passée. Mais ils (les proches de la victimes) restent avec leur chagrin ».

Les parents en larmes n’ont pas fait de commentaires, mais le fiancé, Roy Peled s’est dit « satisfait », estimant que « la justice française avait fait ce qu’elle devait faire ».

Signe de la tension autour de cette affaire, le procès ouvert jeudi dernier avait été renvoyé après que Me Meliodon eut été agressé dans les toilettes du palais de justice de Paris par un inconnu qui lui a asséné un coup de poing à la mâchoire avant de s’enfuir.

Eric Robic risquait jusqu’à dix ans de prison pour homicide involontaire et non-assistance, Claude Khayat jusqu’à cinq ans de prison pour non-assistance à personne en péril. Les deux hommes ont comparu détenus, étant en détention provisoire dans le cadre d’une autre affaire d’escroquerie présumée.