L’architecte et urbaniste allemand Albert Speer, promoteur d’un urbanisme « à l’échelle humaine » opposé à celui de son père, architecte officiel du régime nazi, est mort vendredi à l’âge de 83 ans à Francfort, a rapporté dimanche le quotidien Bild.

Né en 1934 à Berlin, Albert Speer est mort des suites d’une opération chirurgicale après une chute, selon le Bild.

Aîné d’une fratrie de six enfants, il avait émergé de l’ombre paternelle par son travail qui l’avait amené à concevoir de nombreux projets urbanistiques en Europe, en Afrique ou en Asie.

Il avait créé son cabinet d’architecte en 1964 et avait notamment conçu les plans du siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, ceux d’un ministère en Arabie saoudite, plusieurs stades de football ou encore la rénovation d’un quartier de Shanghai.

Son style, fait de finesse et de légèreté, est aux antipodes de celui de son père, celui d’une architecture colossale satisfaisant aux goûts d’Adolf Hitler.

« Je considère les constructions au-delà de 400 mètres de hauteur comme absolument folles. De tels immeubles sont inefficaces et superflus », avait-il déclaré en 2010 au Sueddeutsche Zeitung.

Son père Albert Speer avait adhéré au parti national-socialiste en 1931. Concepteur notamment de la chancellerie et du stade de Nuremberg où les Nazis organisaient leur grand-messes, il était un proche d’Adolf Hitler.

Ministre de l’Armement à partir de 1942, il avait été condamné par le tribunal de Nuremberg à 20 ans d’emprisonnement. Libéré en 1966, il avait reconnu une part de responsabilité dans les crimes nazis.