Le caricaturiste de presse Henri Morez, ami de Sempé et Goscinny et dont les dessins étaient parus dans Paris Match ou Jours de France à partir des années 50, est mort mercredi à Paris à l’âge de 95 ans, a-t-on appris lundi auprès de son entourage professionnel.

« C’était un grand bonhomme, un homme exceptionnel sur le plan de l’humour, qui était resté d’une grande vivacité d’esprit », a déclaré à l’AFP Philippe Héraclès, fondateur et président des éditions du Cherche midi, qui ont publié deux des ouvrages de Henri Morez.

« Il a connu Sempé, Goscinny, il faisait partie de cette bande de caricaturistes et il laisse également une oeuvre considérable en tant que peintre », a ajouté Henriette Chardak, qui avait recueilli ses souvenirs pour le livre « L’air était saturé de peur » en 2015.

Dans cet ouvrage sous-titré « Le juif qui parlait yiddish à l’oreille d’un nazi », Henri Morez racontait comment, réfugié en Normandie, il avait échappé à la mort dans les années 40, lui dont les parents ont péri en déportation.

« Il a eu une vie forte, il était dans l’humilité du survivant, avec un humour décapant », a souligné Mme Chardak.

De son vrai nom Hers Askenasi, Henri Morez était né en Roumanie en 1922, avant que sa famille vienne s’établir à Paris en 1927.

Repéré par le peintre Emmanuel Mané-Katz, il s’oriente d’abord vers la peinture avant que n’éclate la Deuxième Guerre mondiale.

Il commence à publier ses dessins dans la presse au début des années 50, en même temps que son ami Sempé. Ils paraissent dans France Dimanche, Le Figaro Littéraire, Paris Match ou Jours de France.

En 2013, il avait publié « A-Fou-rismes », un recueil d’aphorismes et de jeux de mots illustrés par certains de ses dessins.

« Son prochain recueil était en préparation et Uderzo devait en faire la préface », a indiqué Philippe Héraclès.

Les obsèques de Henri Morez ont eu lieu lundi au cimetière de Bagneux.