Le héros de guerre Meir Har-Zion est mort vendredi matin, deux mois après le décès de son ancien commandant au sein de l’unité 101, un commando d’élite de l’armée, Ariel Sharon.

Har-Zion avait 80 ans.

Connu pour être l’un des soldats les plus qualifiés et les plus farouches de l’histoire d’Israël, Har-Zion a été décrit par Moshe Dayan, lui-même un guerrier de légende, comme le meilleur combattant juif depuis Bar Kochba.

Il fait partie de la poignée de soldats dans l’histoire d’Israël à être devenu officier sans avoir dû passer une formation spécifique.

Né à Herzliya, Har-Zion a grandi dans le kibbutz d’Ein Harod. Lors d’une marche dans le territoire syrien, lui et sa sœur Shoshana, alors adolescents, furent kidnappés par des Bédouins et enfermés plusieurs semaines à Damas.

Au début des années 50, Har-Zion fut conscrit et commença son service militaire au sein de la brigade Nahal. Lorsqu’il apprit qu’un jeune  lieutenant du nom d’Arik Scheinerman (plus tard connu sous le nom d’Ariel Sharon) avait fondé une unité d’élite, qui combattait de manière presque quotidienne, il s’empressa de la rejoindre.

Il s’intègre vite au sein de l’unité, restée célèbre pour son manque de discipline ou de règles bien établies – les soldats portaient des keffiehs ou des tenues civiles et chassaient souvent pour se nourrir. Les opérations de terrain font aussi partie des marques de fabrique de ce commando d’élite.

L’unité fusionne au milieu des années 1950 avec la brigade des parachutistes. Moshe Dayon élève alors Har-Zion au rang d’officier pour le récompenser des nombreux raids transfrontaliers qu’il a dirigés. « Qu’est-ce qu’il pourrait bien faire dans une école de formation pour officiers, » demanda Dayan, « à part y enseigner ? »

Le 24 décembre 1954, sa sœur bien-aimée Shoshana est tuée avec un ami lors d’une randonnée en territoire ennemi, dans le désert de Judée.

Har-Zion démissionne alors de l’armée avec une intention claire : venger la mort de sa sœur.

Il quitte Israël, avec une réserve d’armes et six de ses collègues de la brigade des parachutistes. L’escadron franchit la frontière jordanienne, capture cinq hommes appartenant à la tribu qui a assassiné Shoshana et son ami, et en tue quatre. Ils libèrent le cinquième en lui ordonnant de raconter toute l’histoire.

Har-Zion est arrêté à son retour en Israël, emprisonné 20 jours et banni de l’armée pendant six mois.

En 1956, Har-Zion est atteint d’une balle dans la gorge lors d’un raid transfrontalier en Jordanie près du commissariat d’El Rahawa. Le docteur Moshe Agmon lui sauve la vie en réalisant une trachéotomie d’urgence.

« Il était l’un de nos plus grands héros, un guerrier intrépide imprégné d’amour pour la nation et la terre », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Il a pavé de nouveaux chemins d’initiative et de bravoure lors d’opérations militaires et a inspiré les générations suivantes de combattants. »

« Meir Har-Zion… était l’un des plus grands guerriers de l’histoire de l’armée, un commandant audacieux, dont l’influence dans le façonnage de générations de combattants et d’unités fut cruciale », a annoncé le ministre de la Défense Moshe Yaalon.

« Personne n’était plus courageux que lui », a déclaré le président Shimon Peres. « De son temps, il était déjà une légende, et s’il ne se considérait pas ainsi, tous ceux qui savaient à quel point il était courageux l’estimaient de la sorte. »