Un Américain de 89 ans, soupçonné d’avoir été gardien du camp de concentration nazi d’Auschwitz, est mort dans un hôpital juste avant qu’un tribunal américain n’approuve son extradition vers l’Allemagne, a-t-on appris mercredi auprès de son avocat.

Johann Breyer, mécanicien à la retraite, né en Tchécoslovaquie de mère américaine, avait reconnu son appartenance aux Waffen-SS mais avait nié avoir été gardien dans le camp d’Auschwitz, en Pologne, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il avait émigré après la guerre aux Etats-Unis.

« Je peux confirmer qu’il est décédé la nuit dernière », a indiqué son avocat, Dennis Boyle, à l’AFP.

Breyer est mort après son transfert d’une prison vers un hôpital.

La nouvelle de son décès est intervenue au moment où la justice autorisait son extradition vers l’Allemagne, qui comptait le juger.

Il avait été arrêté en juin à Philadelphie suite à un mandat émis par les autorités allemandes qui le soupçonnaient d’avoir été complice, en tant que gardien du camp, de la mort de centaines de milliers de juifs en 1944.

M. Breyer affirmait faire partie d’une unité d’artillerie des Waffen-SS et qu’il avait déserté plusieurs semaines après avoir été en poste à Auschwitz, mais démentait y avoir été gardien.

« Il nie toute implication dans des crimes de guerre. Il n’a jamais été un nazi », avait affirmé Me Boyle en juin, précisant que son client avait lui-même été prisonnier dans un camp en Russie à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Selon lui, son client souffrait « de démence » et de « problèmes cardiaques ».

Depuis plus de 60 ans, les tribunaux allemands ne poursuivaient les criminels de guerre nazis que s’ils avaient la preuve qu’ils avaient personnellement commis des atrocités.

Mais en 2011, un tribunal de Munich (sud de l’Allemagne) a condamné un immigrant américain à 5 ans de prison pour 27.000 chefs d’inculpation, et estimé que tous les anciens gardiens de camps de concentration pouvaient être poursuivis.