La Russie a demandé lundi à Jérusalem de fournir des explications à la suite des informations indiquant que des jets israéliens auraient mené des frappes aériennes multiples sur deux cibles syriennes en tuant deux agents du Hezbollah.

Moscou, considéré comme l’un des soutiens principaux du régime syrien, a déclaré qu’il devait se tourner vers les Nations unies pour demander à Israël de s’expliquer sur les frappes qui ont ciblé des cargaisons d’armes sur deux sites à proximité de Damas.

« Moscou a formulé de vives préoccupations sur le développement dangereux des événements. Leurs circonstances devraient être clarifiées. Dans tous les cas, il est certain que l’utilisation de la force est inacceptable dans des relations inter-étatiques et doit être condamnée », a indiqué lundi le porte-parole du ministère de Affaires étrangères Alexandre Lukashevitch dans un communiqué publié sur le site internet du ministère des Affaires étrangères.

« Il est important d’empêcher des risques supplémentaires d’une plus grande déstabilisation de la situation extrêmement tendue en Syrie et dans la région du Moyen-Orient dans son ensemble », a-t-il ajouté.

La Russie a envoyé une lettre au Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, en critiquant « les actions agressives d’Israël » et en publiant « un appel pour empêcher le renouvellement de telles attaques dans le futur ».

Moscou demeure un soutien sans faille du régime de Bashar el-Assad en Syrie, bloquant continuellement des tentatives du Conseil de Sécurité des Nations unies au cours des dernières années pour voter des résolutions contre son gouvernement.

Plus tôt lundi, les ministères des Affaires étrangères de Syrie et d’Iran ont condamné Israël pour ses frappes, qualifiant l’opération d’agression qui prouvait qu’Israël était « dans la même tranchée » que les groupes extrémistes combattant le gouvernement syrien.

Des médias arabes ont annoncé lundi que deux frappes israéliennes avaient ciblé la veille une base de missiles de défense aérienne de fabrication russe à destination du Hezbollah.

Les articles déclaraient que huit avions de chasse israéliens étaient impliqués dans les attaques, dont l’une a eu lieu près de l’aéroport international de Damas et l’autre à un aérodrome dans la région de Dimas, au nord-ouest de la capitale syrienne et près de la frontière libanaise.

Israël n’a pas fait de commentaires sur ces informations, mais les ministères ont nié avec force que ces frappes aériennes évoquées aient été ordonnées par Netanyahu pour doper sa cote de popularité alors que la campagne électorale commence sérieusement.

Israël aurait mené plusieurs frappes aériennes en Syrie depuis que la révolte contre Assad a commencé en mars 2011.

La plupart des frappes ont ciblé des systèmes sophistiqués d’armement, y compris de batteries anti-aériennes russes et iraniennes, susceptibles d’être destinées au groupe terroriste du Hezbollah libanais, fidèle allié d’Assad et de l’Iran.