La « phase active de l’opération militaire » en Syrie, où l’armée russe intervient en soutien au régime de Bachar al-Assad, « s’achève », a indiqué mardi le chef d’état-major de l’armée russe Valéri Guerassimov.

« La phase active de l’opération militaire en Syrie s’achève. Bien qu’il reste toute une série de problèmes, cette étape arrive à sa conclusion logique », a-t-il déclaré, cité par les agences russes lors d’une réunion à Sotchi (sud-ouest de la Russie) avec ses homologues iranien et turc à la veille d’un sommet des présidents de ces trois pays.

Le président russe, principal soutien du régime syrien, multiplie les contacts à quelques jours de nouveaux pourparlers sous l’égide de l’ONU prévus à Genève le 28 novembre, avec l’objectif de mettre fin à une guerre qui a fait au moins 330.000 morts en six ans et des millions de déplacés.

Il réunit mercredi ses homologues turc Recep Tayyip Erdogan et iranien Hassan Rouhani dans la station balnéaire de Sotchi (sud-ouest), où Bachar al-Assad s’est rendu pour sa première visite en Russie, et à l’étranger, depuis octobre 2015.

Vladimir Poutine a déclaré lundi soir lors de son entretien avec Bachar al-Assad : « En ce qui concerne notre travail commun dans la lutte contre le terrorisme en Syrie, cette opération touche à sa fin ».

Poutine a « félicité » le président syrien Bachar al-Assad pour ses résultats dans la lutte contre le terrorisme, proche d’une defaite « définitive », et estimé qu’il fallait « passer au processus politique » avant un sommet avec la Turquie et l’Iran.

« Je voudrais vous féliciter pour les résultats atteints par la Syrie en termes de lutte contre le terrorisme, pour le fait que le peuple syrien traverse des moments très difficiles et s’approche d’une défaite définitive et inévitable des terroristes », a déclaré le président russe lors de la rencontre qui a eu lieu lundi soir, selon le compte-rendu du Kremlin.

« Je pense qu’il est maintenant temps de passer au processus politique », a-t-il ajouté.

« Plus de 98 % du territoire syrien se trouvent sous contrôle des forces gouvernementales syriennes. Les terroristes ont encore des foyers de résistance mais ils s’éteignent vite », a insisté le président russe en recevant mardi son homologue tchèque Milos Zeman.

Lancée en 2015, l’intervention militaire russe en Syrie a changé la donne en permettant notamment à l’armée syrienne de ravir au groupe jihadiste de l’Etat islamique (EI) la cité antique de Palmyre et chasser les rebelles de leur bastion d’Alep, dans le nord.

Les forces du régime syrien ont chassé dimanche soir les jihadistes de Boukamal, dernier fief urbain en Syrie de l’EI, qui a perdu la quasi-totalité de son territoire et dont le « califat » auto-proclamé en 2014 s’est effondré.

Lors de l’entretien, « Assad a constaté avec satisfaction que l’opération des forces armées russes, qui a permis de sauver la Syrie, était arrivé à sa fin de facto », a rapporté le porte-parole du Kremlin lors d’un briefing.

« Poutine l’a un peu corrigé, indiquant que des récidives étaient possibles (…) mais sans pouvoir influer sur l’issue réussie de l’opération dans son ensemble », a-t-il ajouté.

Cette nouvelle étape ne devrait pas marquer la fin de la présence militaire russe en Syrie.

L’armée russe avait annoncé en octobre 2016 son intention de transformer ses installations portuaires à Tartous (nord-ouest) en « base navale russe permanente ».

L’armée russe a par ailleurs déployé des avions d’attaque et des bombardiers opérant depuis la base aérienne de Hmeimim, dans le fief alaouite du président syrien Bachar al-Assad, près de Lattaquié.

Cette ancienne base de l’armée de l’air syrienne, a été cédée aux militaires russes au début de leur intervention en Syrie, le 30 septembre 2015.

L’entretien surprise entre Vladimir Poutine et Bachar al-Assad a eu lieu lundi soir mais n’a été rendu public que mardi matin. Il a duré quatre heures, a précisé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov à l’agence Ria-Novosti.

Selon les images retransmises à la télévision, le maître du Kremlin a « félicité » le président syrien pour ses résultats dans la lutte contre le terrorisme, proche d’une défaite « inévitable et définitive ». « Je pense qu’il est maintenant temps de passer au processus politique », a-t-il ajouté.

Il a précisé qu’il comptait s’entretenir mardi au téléphone avec le président américain Donald Trump ainsi qu’avec des chefs d’Etat de pays arabes, dont l’émir du Qatar, pour des « consultations » sur la situation en Syrie.

« Nous avons intérêt à faire avancer le processus politique (…) Nous ne voulons pas regarder en arrière et nous sommes prêts à un dialogue avec tous ceux qui souhaitent vraiment aboutir à un règlement politique », a souligné pour sa part Bachar al-Assad, selon ses propos traduits en russe.

Il a exprimé « la reconnaissance du peuple syrien » pour l’aide de la Russie dans la défense « de l’intégrité territoriale et de l’indépendance » de la Syrie.