Le Congrès juif européen (CJE) a blâmé lundi la « passivité » des gouvernements européens face à l’augmentation inquiétante des partis d’extrême-droite aux élections du Parlement européen cette semaine.

« Les succès alarmants de partis extrémistes dans ces élections est le résultat de la passivité des dirigeants européens et des gouvernements pour faire face aux problèmes réels auxquels sont confrontés les citoyens européens», a déclaré Moshe Kantor, le président du CJE, lors d’une réunion lundi avec de hauts responsables belges suite à la fusillade mortelle du Musée juif de Bruxelles.

Lors de cette attaque, quatre personnes ont été tuées, dont deux Israéliens.

« Quel meilleur exemple y a-t-il pour un manque de sécurité, d’intolérance et de climat de peur dans nos villes que cette attaque sur les Juifs dans une capitale de l’Europe ? », a déclaré Kantor.

Les commentaires du président du CJE ont également fait écho aux élections européennes de ce dimanche. Celles-ci se sont soldées par une forte augmentation des partis d’extrême droite, voire de ceux qui admettent ouvertement leur inclinaison vers l’idéologie nazie.

En France, le Front national de Marine Le Pen a obtenu 25 % des voix. Le Parti de la liberté en Autriche a connu un succès similaire de même que le Parti de l’indépendance Ukip au Royaume-Uni qui milite pour le retrait de l’Union européenne et qui a remporté 27,5 % des voix.

En Grèce (Aube dorée) et en Hongrie (Jobbik), des partis d’extrême-droite ouvertement xénophobes ont également gagné des sièges au parlement.

Le Parti national-démocrate allemand (NPD), qui se décrit lui-même comme « national-socialiste » – ou nazi – a obtenu un siège au parlement.

« Pour protéger les valeurs de notre Europe moderne unifiée, les dirigeants européens doivent renforcer la législation existante contre la haine, mettre en place une application de la loi plus stricte, et insister aussi sur l’éducation contre la xénophobie pour les générations futures » a déclaré Kantor.

« L’Union européenne est censée être le rempart contre la montée du racisme et de l’intolérance, mais il est devenu le catalyseur de la justification de ses citoyens à voter pour les extrémistes et les
racistes », a-t-il déploré.

« Il y a l’insécurité et il y a de réelles inquiétudes sur l’identité nationale. La communauté juive connaît cette problématique et sait comment les minorités s’intègrent dans une société. »

« Ce sont de véritables préoccupations, tant pour les communautés qui font figures de minorités que pour les autres citoyens. Si nous voulons lutter contre l’antisémitisme, le racisme et l’intolérance, nous devons fournir des réponses à ces questions », a conclu Kantor.