L’ancien président égyptien Hosni Moubarak a affirmé lundi, au cours d’une interview téléphonique, qu’Israël avait essayé d’éviter de restituer une partie de la péninsule du Sinaï en Egypte, contrairement aux engagements énoncés dans le traité de paix historique de 1979 entre les deux pays.

Moubarak a déclaré que peu de temps avant que le Sinaï ne soit rendu, Israël avait « inventé l’histoire » que la ville de Taba n’avait pas traditionnellement appartenu à l’Egypte et avait tenté d’annexer cette ville frontalière.

Il a déclaré à la chaîne de télévision égyptienne Sada El Balad : « Israël a essayé de nous tromper par tous les moyens. Israël a essayé de conserver Taba sous le prétexte qu’il y a là-bas un hôtel … il est arrivé à un point où, en mars 1982, un mois avant le retrait, les Israéliens sont venus et ont dit que Taba ne faisait pas partie des frontières historiques de l’Egypte. »

Israël a rendu à l’Egypte le contrôle de Taba en 1989.

L’interview téléphonique, qui a coïncidé avec le 33e anniversaire de la restitution du Sinaï, a été menée à partir de la chambre de Moubarak dans un hôpital militaire du Caire, où il est détenu dans l’attente d’un nouveau procès pour détournement de fonds.

Moubarak a ajouté que la crainte qu’Israël ne se conforme pas aux termes du traité de paix de 1979 a été l’un des plus grands défis de son mandat.

Moubarak a poursuivi en vantant les mérites de l’actuel président Abdel Fattah el-Sissi, malgré la période « difficile » que traverse le pays. « L’Egypte est dans les mains d’un leadership nationale avisé. La nation égyptienne doit se tenir derrière lui car aucun président ne peut travailler seul », a-t-il déclaré.

Après avoir dirigé l’Égypte pendant près de trois décennies, Moubarak a été évincé du pouvoir en 2011, après un soulèvement populaire de 18 jours contre son gouvernement. Après son retrait, Moubarak a été arrêté et accusé de complicité dans le meurtre de participants aux manifestants.

En novembre 2014, Moubarak a été blanchi de ces accusations, mais il purge une peine de trois ans pour détournement de fonds publics.