L’examen de la plainte déposée contre les services secrets russes par la famille du diplomate suédois Raoul Wallenberg, sauveur de milliers de Juifs hongrois et disparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale, commencera le 18 septembre, a indiqué jeudi l’avocate des plaignants.

Le tribunal Mechtchanski de Moscou avait fixé ce jeudi une audience technique. Mais selon Daria Soukhikh, l’avocate de la nièce de Raoul Wallenberg, « les représentants du FSB ont reçu la plainte trop tard et n’étaient pas prêts à présenter leur position ».

« Le tribunal a reporté l’examen de l’affaire au 18 septembre », a ajouté l’avocate aux journalistes. Le 18 septembre, « il s’agira probablement d’une audience préliminaire, d’un premier échange d’arguments ».

Né le 4 août 1912, Raoul Wallenberg avait rejoint Budapest, occupée par l’Allemagne nazie, en juillet 1944. Il avait sauvé des milliers de Juifs de la mort en leur délivrant des papiers suédois durant les derniers mois de l’Holocauste.

Arrêté à Budapest le 17 janvier 1945 par des soldats soviétiques, il avait ensuite disparu.

Statue remembering Raoul Wallenberg, who rescued Hungarian Jews from the Holocaust. (photo credit CCBY pandrcutts/ Flickr)

Statue en souvenir de Raoul Wallenberg, qui a sauvé des dizaines de milliers de juifs hongrois pendant l’Holocauste, à Budapest. (Crédit : CCBY pandrcutts/Flickr)

En 1957, l’Union soviétique avait rendu public un document montrant qu’il avait été détenu à la Loubianka, siège du KGB, et qu’il était mort d’une crise cardiaque le 17 juillet 1947. Cette version a toujours inspiré des doutes, notamment chez des historiens qui estiment qu’il a pu être exécuté.

Le FSB refuse depuis des années d’accorder à la famille Wallenberg l’accès à ses archives, qui pourraient permettre de faire la lumière sur le destin du diplomate.

Sa famille réclame notamment l’accès aux listes des prisonniers de la Loubianka, aux procès-verbaux des interrogatoires ainsi qu’aux données sur les déplacements des prisonniers de la Loubianka à la prison de Lefortovo, a indiqué son avocate.

« Il y a toujours beaucoup de zones d’ombre dans le destin de Raoul Wallenberg. Ses proches veulent connaître toute la vérité », a affirmé Soukhikh.