Une technologie de détection du cancer qui « renifle » les tumeurs malignes devrait être commercialisée après qu’une étude ait montré qu’un appareil basé sur le système NaNose développé par Technion détectait un cancer du poumon chez un patient dans 90 % des cas. Au cœur de l’appareil qui ressemble à un alcootest, habituellement utilisé pour détecter les niveaux d’alcool, se trouve une micro puce basée sur la technologie NaNose développée par Technion.

En détectant l’odeur spéciale émise par des cellules cancéreuses, le système NaNose peut détecter la présence de tumeurs bénignes ou malines bien plus rapidement, efficacement et à bas coût, explique le Dr Hossam Haick de Technion, qui a aidé au développement de la technologie.

« Les techniques de diagnostiques actuelles sont inefficaces et difficiles à utiliser ». La technologie NaNose, explique-t-il, « pourrait faciliter des interventions thérapeutiques plus rapide, en remplaçant les bilans cliniques chers et longs qui conduisent au final à la même intervention ».

Haick, avec ses collègues chercheurs le Pr Nir Peled, de la faculté de médecine Sackler de l’université de Tel Aviv, et le Pr Fred Hirsch, de l’école de Médecine de l’université de Colorado à Denver, ont présenté l’étude sur la détection avec succès du cancer grâce à l’appareil NaNose lors d’une conférence à Chicago.

Selon les statistiques du gouvernement américain, le cancer du poumon tue plus d’Américains annuellement que les trois autres cancers les plus courants, le colon, le sein et le pancréas, réunis. La raison, expliquent les docteurs, est que le cancer du poumon est très difficile à détecter.

La seule façon de détecter un cancer un poumon à un stade précoce est grâce à une procédure intensive impliquant des prises de sang, des biopsies, des scanographies, des tests ultrasons et d’autres procédures. Et même avec cela, la détection est difficile, explique Peled. « Le cancer du poumon est responsable de la mort de 2 000 Israéliens chaque année, un tiers des morts liées au cancer. »

« Les diagnostics du cancer du poumon requièrent des procédures invasives comme des bronchoscopies, des biopsies électroniques et de la chirurgie ».

« Généralement, le patient arrive pour un diagnostic lorsque les symptômes de la maladie ont déjà commencé à apparaître », explique Haick, en décrivant les inconvénients de protocoles actuels de détection.

« Des mois peuvent s’écouler avec qu’une analyse réelle soit terminée. La procédure demande des équipements compliqués et onéreux comme des scanographies, des appareils pour des mammographies. Chaque appareil coûte des millions de dollars pour finir par donner des résultats imprécis ».

La technologie NaNose, au contraire, n’a besoin de rien de plus qu’un patient qui souffle dans l’appareil pour avoir un diagnostique initial. Les tumeurs du cancer du poumon produisent des substances chimiques appelées des composés organiques volatiles (COV) qui s’évaporent facilement dans l’air et produisent de odeurs bien détectables.

Les micros puces NaNose détectent la signature unique des COV dans l’air expiré. Dans quatre cas sur cinq, l’appareil a fait la différence entre des lésions bénignes et malignes du poumon et même différentes formes de cancer.

Une étude conduite par des chercheurs sur l’efficacité du système a été présentée dans une conférence récente de la Société américaine d’Oncologie clinique à Chicago. L’étude a été réalisée sur 358 patients qui avaient été diagnostiqués avec ou présentaient des risques d’un cancer du poumon.

En utilisant l’appareil, les chercheurs ont pu distinguer les sujets en bonne santé de ceux avec un cancer du poumon en stade précoce dans 85% des cas, et les personnes en bonne santé de celle avec un cancer du poumon en stade avancé dans 82% des cas. Le test a même pu distinguer les cancers du poumon en stade précoce et avancé dans 79% de cas.

« Les cellules cancéreuses ont une odeur ou une signature différente et unique, on peut même faire la différence entre des sous-types et le stade d’avancement de la maladie, explique Peled. Plus la tumeur est grosse, plus la signature est forte ».

Les participants à l’étude ont été examinés dans des endroits différents, y compris les universités de Denver, de Tel Aviv, de Liverpool et dans un centre de radiation à Jacksonville en Floride. D’autres recherches ont inclus le Pr Paul Bunn de l’université de Denver, le Pr Douglas Johnson, le Dr Stuart Milestone et Dr John Wells de Jacksonville, le Pr John Field de l’université de Liverpool et les Dr Maya Ilouze et Tali Feinberg de TAU.

La technologie NaNose a eu son brevet déposé l’année dernière par Alpha Szenszor de Boston, un fabricant de nanotubes de carbone basés sur des capteurs, qui développe des appareils d’analyse de la respiration. L’entreprise espère l’introduire sur le marché dans les années à venir, a annoncé un porte-parole.

Il a ajouté qu’une nouvelle version plus petite de l’appareil pouvant être reliée au port USB d’un ordinateur est également en phase d’élaboration. L’appareil, explique Peled, « pourrait s’avérer utile afin d’aider à diagnostiquer les patients qui ont besoin d’un dépistage plus intensif du cancer du poumon. Nous espérons avoir un appareil qui pourrait donner un résultat positif ou négatif précis. Si quelque chose ne va pas, il faudra faire de radio ».

Regardez une vidéo qui explique comment le système NaNose fonctionne :