Le dirigeant du groupe terroriste libanais du Hezbollah a déclaré mardi que des puissances étaient à l’œuvre pour compromettre les régimes arabes et leurs armées au bénéfice d’Israël. Il a prédit que l’ « axe de résistance » à l’Occident serait le vainqueur final des différents conflits régionaux qu’il affronte.

Le nouveau Premier ministre du Liban, Saad Hariri, a récemment déclaré que résister à Israël et lutter pour reprendre la région du Har Dov à l’Etat juif serait un élément central du programme de son gouvernement.

Pendant un discours télévisé, Nasrallah a prévenu que certains tentent « de détruire les armées arabes pour le bien d’Israël, et de renverser les régimes arabes résistants pour le bien d’Israël », selon le site libanais anglophone Naharnet.

« Après que la résistance a humilié l’armée israélienne au Liban et en Palestine, des efforts sont en cours pour détruire les armées de la région pour le bien de l’armée israélienne », a-t-il ajouté.

L’article ne précisait pas si Nasrallah a cité les pays qui agiraient, selon lui, pour Israël.

Funérailles d'un membre du Hezbollah qui a été tué en combattant aux côtés des forces du gouvernement Assad en Syrie, le 1er mars 2016. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

Funérailles d’un membre du Hezbollah qui a été tué en combattant aux côtés des forces du gouvernement Assad en Syrie, le 1er mars 2016. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

Ses propos feraient référence aux frappes aériennes de la coalition menée par les Etats-Unis en soutien aux groupes rebelles syriens modérés, qui tentent de renverser le régime du président syrien Bashar el-Assad dans une guerre civile sanglante, qui a permis l’émergence de nombreuses milices terroristes, dont certaines sont affiliées au groupe Etat islamique ou à Al-Qaïda.

Le Hezbollah, un proxy iranien, se bat pour le régime syrien, soutenue par des frappes aériennes russes. La Turquie est également entrée dans l’arène, envoyant ses forces vers une zone syrienne kurde à sa frontière pour prendre le contrôle de ce territoire.

Nasrallah se réjouissait que l’ « axe de résistance », l’alliance anti-Israël et anti-Occident formée par l’Iran, la Syrie et le Hezbollah, batte ses ennemis mondiaux.

« L’axe de résistance émergera victorieux et plus fort de cette guerre mondiale contre lui dans tous les pays », a-t-il déclaré.

« La résistance est ciblée aujourd’hui et l’un des objectifs les plus dangereux de la guerre qui fait rage dans la région depuis plusieurs années est la guerre contre la résistance et la guerre contre l’axe de résistance, et ce fait se manifeste jour après jour. »

Précédemment, Hariri avait déclaré que la « résistance » à Israël et la récupération de la région du Har Dov, appelée Fermes de Chebaa au Liban, seront des points critiques de la politique de son gouvernement pendant une réunion au Parlement libanais.

Des soldats israéliens près du Har Dov, à la frontière libanaise, dans le nord d'Israël, le 4 janvier 2016. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Des soldats israéliens près du Har Dov, à la frontière libanaise, dans le nord d’Israël, le 4 janvier 2016. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Hariri, qui a déjà été Premier ministre entre 2009 et 2011, est revenu à ce poste en novembre dans le cadre d’un accord qui l’a vu soutenir Michel Aoun, le candidat du Hezbollah à la présidence.

« Nous n’épargnerons aucune résistance pour libérer les territoires occupés restants et pour nous défendre de l’ennemi qui convoite notre terre », a déclaré Hariri, qui présentait l’agenda politique de son nouveau gouvernement au parlement à Beyrouth, avait annoncé Ynet.

Il a déclaré que les citoyens libanais avaient « le droit de résister [à Israël] et de reprendre les territoires occupés des mains israéliennes. » De plus, a-t-il déclaré, le Liban « est obligé de libérer les Fermes de Chebaa », le nom arabe de la région du Har Dov, une petite portion de terrain qu’Israël a conquis à la Syrie en 1967.

Le Liban affirme que la bande de territoire fait partie du Liban, même si elle a été sous contrôle syrien depuis les années 1950 avant d’être conquise en 1967 puis annexée par Israël en même temps que le plateau du Golan, en 1981.

Ni Israël, ni la Syrie, ni les Nations unies ne reconnaissent le Har Dov comme un territoire libanais.

Le Hezbollah a utilisé le conflit sur la zone pour justifier sa « résistance » constante contre Israël et pour maintenir son important arsenal, qui comprend des dizaines de milliers de roquettes pointées sur l’Etat juif.

L’AFP a contribué à cet article.