Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a indiqué mardi que l’Arabie saoudite ne devrait pas punir collectivement le peuple libanais au seul motif qu’elle a des divergences de vues politiques avec le mouvement terroriste chiite libanais.

Ryad n’a pas « le droit de sanctionner le peuple libanais parce qu’un parti en particulier a pris une certaine position », a indiqué Hassan Nasrallah lors d’un discours diffusé par la chaîne du Hezbollah, Al-Manar.

Ces derniers temps, le royaume saoudien a demandé à ses ressortissants de quitter le Liban, déconseillé tout voyage dans ce pays et suspendu des programmes d’équipement de 3 milliards de dollars destinés aux forces de sécurité libanaises, en réaction aux positions jugées « hostiles » du Hezbollah.

L’Arabie saoudite est à couteaux tirés avec le Hezbollah, l’Iran et la Syrie de Bachar al-Assad, dont Ryad veut la chute alors que le mouvement chiite libanais et Téhéran le soutiennent militairement.

« Si vous (les Saoudiens, ndlr) avez un problème avec nous, vous pouvez continuer en ce sens (…) mais qu’est-ce que le reste du Liban a à voir avec ça ? », a encore demandé Nasrallah.

Sur le plan de la politique intérieure libanaise, l’Arabie saoudite soutient comme les Etats-Unis la coalition du 14-Mars, dirigée par le sunnite Saad Hariri, qui s’oppose à celle du 8-Mars, menée par le Hezbollah et soutenue par l’Iran.

L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri, le 14 février 2013. (Crédit : capture d'écran Youtube/mtvlebanon)

L’ancien Premier ministre libanais Saad Hariri, le 14 février 2013. (Crédit : capture d’écran Youtube/mtvlebanon)

Dans son discours, Hassan Nasrallah a également accusé l’Arabie saoudite d’avoir tenté de créer une « sédition entre musulmans sunnites et chiites » par l’exécution le 2 janvier du dignitaire chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Selon lui, l’Arabie saoudite commet des « crimes » au Yémen, où elle dirige une coalition arabo-sunnite contre des rebelles chiites, en Syrie, où elle soutient des mouvements armés d’opposition à Bachar al-Assad, et à Bahreïn, où son armée a réprimé une révolte chiite en 2011, « depuis dix ans, depuis cent ans, depuis que ce régime a pris le pouvoir ».

« Ils peuvent commencer des guerres et commettre des massacres mais personne ne peut rien dire par peur de déclencher la colère saoudienne », a-t-il assuré, ajoutant que le Hezbollah continuerait de dénoncer ce qu’il considère comme une agression saoudienne dans la région.

Les manifestants iraniens soulevant leurs poings en face d'un portrait de l'éminent dignitaire religieux chiite Nimr al-Nimr pendant une manifestation contre son exécution par les autorités saoudiennes, le 3 janvier 2016, devant l'ambassade d'Arabie Saoudite à Téhéran (Crédit : AFP PHOTO / ATTA KENARE

Les manifestants iraniens soulevant leurs poings en face d’un portrait de l’éminent dignitaire religieux chiite Nimr al-Nimr pendant une manifestation contre son exécution par les autorités saoudiennes, le 3 janvier 2016, devant l’ambassade d’Arabie Saoudite à Téhéran (Crédit : AFP PHOTO / ATTA KENARE