Natan Sharansky : Il n’y a pas d’avenir pour les Juifs en France
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Natan Sharansky : Il n’y a pas d’avenir pour les Juifs en France

L'hostilité envers les Juifs parmi les Arabes et l'antisémitisme profond signifient qu'il y aura une alyah massive des Juifs de France, selon le chef de l'Agence Juive

Des juifs français agitant des drapeaux israéliens et français devant l'Hyper Cacher un an après que quatre clients juifs aient été assassinés lors d'un attentat terroriste dans le magasin casher Paris, 9 janvier 2016. (Crédit photo: Serge Attal / Flash90)
Des juifs français agitant des drapeaux israéliens et français devant l'Hyper Cacher un an après que quatre clients juifs aient été assassinés lors d'un attentat terroriste dans le magasin casher Paris, 9 janvier 2016. (Crédit photo: Serge Attal / Flash90)

PARIS – L’immigration arabe en France et l’antisémitisme profond dans ce pays signifient que les Juifs français n’y ont pas d’avenir, a dit le chef de l’Agence juive pour Israël.
 
Natan Sharansky a fait cette déclaration lundi depuis la capitale française, où il assistait à une réunion du conseil d’administration de l’Agence Juive, qui s’est tenue dans la ville pour la première fois comme marque de solidarité avec les Juifs français.

« Nous sommes venus ici parce qu’il y a ici des processus historiques », a déclaré Sharansky à propos de la France, qui, depuis deux ans a été la plus grande source d’immigrants d’Israël avec un record de 15 000 Juifs qui se sont installés en Israël durant cette période.

« Il n’y a pas d’avenir pour les Juifs en France à cause des Arabes, et en raison d’une position très anti-israélienne dans la société, où convergent le nouvel antisémitisme et l’ancien antisémitisme », a déclaré Sharansky à JTA.

Depuis 2012, les islamistes ont tué huit Juifs dans deux attentats qui sont survenus au milieu de centaines d’agressions violentes non mortelles. Un citoyen français avec des liens présumés avec des groupes islamistes est en procès en France pour une troisième fusillade au Musée juif de Belgique en 2014, où quatre personnes ont été tuées.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu  avec le chef de l'Agence juive Natan Sharansky. (Crédit photo: Kobi Gideon / GPO / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le chef de l’Agence juive Natan Sharansky. (Crédit photo: Kobi Gideon / GPO / Flash90)

Cette violence est l’un des nombreux facteurs qui expliquent l’augmentation de l’immigration juive en Israël (alyah) venant de France, a dit Sharansky, avec un fort attachement émotionnel de la communauté juive française à Israël et l’économie stagnante de la France.

Pourtant l’alyah de France a considérablement diminué au cours des cinq premiers mois de 2016 en comparaison à la période correspondante l’an dernier, a concédé Sharansky. Selon le journal israélien Makor Rishon, 1 065 nouveaux arrivants sont arrivés avant le mois de juin de cette année, comparativement à 1 865 pour cette période en 2015.

Sharansky a attribué la baisse à « un sentiment légèrement amélioré de sécurité » par les Juifs français. Il a également estimé que l’alyah avait diminué en raison des « prix élevés du logement en Israël et de la non-reconnaissance en Israël des diplômes » de certains professionnels français. L’Agence Juive est en pourparlers avec le gouvernement pour résoudre ces problèmes, a-t-il précisé.

Néanmoins, « statistiquement, selon nos indications, l’alyah massive continuera, ce n’est pas par hasard que nous avons en France 9 000 dossiers actifs qui ont été ouverts pour des personnes souhaitant faire leur alyah », a ajouté Sharansky.

Les quatre victimes de l'Hyper Cacher de gauche à droite : Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham. (Crédit : Autorisation)
Les quatre victimes de l’Hyper Cacher de gauche à droite : Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham. (Crédit : Autorisation)

Depuis que l’alyah a repris en 2013, l’Agence Juive a renforcé sa présence en France, où son équipe de dizaines de professionnels est « la plus grande délégation dans le monde entier », a déclaré Sharansky.

« Le potentiel est énorme. Nous estimons qu’il peut atteindre plus de 15 000 olim par an », a-t-il confié, en utilisant le mot hébreu pour les gens qui font leur alyah. On estime à un demi-million le nombre de Juifs en France.

A lire : Le départ en Israël d’un ancien flic téméraire symbolise-t-il la fin des Juifs en France ?

Dans une enquête menée en 2014 parmi 1 580 personnes interrogées pour le CRIF l’organe representatif des communautés juives de France, près des trois quarts de ceux qui se sont identifiés comme musulmans pratiquants sont d’accord avec l’affirmation que les Juifs ont trop d’influence sur l’économie française, comparativement à 25 % dans la population générale.

L’affirmation que les Juifs contrôlent les médias a reçu une cote d’approbation de 23 % dans le groupe de la population générale et 70 % chez les musulmans pratiquants.

Dans la population générale, 32 % des personnes interrogées étaient d’accord avec l’affirmation que « les Juifs utilisent à leur avantage leur statut de victimes du génocide nazi » par rapport à 56 % des répondants de la catégorie musulmane et parmi ceux qui ont voté pour le Front national d’extrême-droite en 2012. Parmi les électeurs pour le front de gauche d’extrême-gauche, l’affirmation avait une cote d’approbation de 51 %.

Les membres de la famille de Philippe Braham et de Dan Uzan allumant une torche et déposant une couronne avec le président de l'Agence juive Natan Sharansky. (Crédit photo: Sasson Tiram)
Les membres de la famille de Philippe Braham et de Dan Uzan allumant une torche et déposant une couronne avec le président de l’Agence juive Natan Sharansky. (Crédit photo: Sasson Tiram)
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