Pour lutter contre l’impact négatif des déchets alimentaires sur l’économie et l’environnement, l’ONU a fixé l’année dernière un objectif ambitieux : une réduction des déchets de 50 % d’ici à 2030 avec des efforts mis en œuvre à l’échelle mondiale pour réduire la quantité de nourriture que les ménages et les entreprises jettent chaque jour.

Israël est à la traîne derrière d’autres pays occidentaux sur cette question, selon Leket, une ONG qui travaille pour récupérer et redistribuer les excédents alimentaires.

Il y a 2,5 millions de tonnes de nourriture gaspillées chaque année en Israël, ce qui représente 35 % de la production alimentaire nationale, a déclaré Leket Israël dans un rapport de janvier 2016.

Selon The Natural Step, 43 % des déchets alimentaires d’Israël proviennent des ménages et plus de 50 % de la nourriture qui est jetée est encore comestible et que la famille israélienne moyenne jette environ l’équivalent de 4 200 shekels de nourriture encore comestible.

Depuis sa fondation en Israël en 2012, The Natural Step Israel, qui fait partie d’un réseau mondial, s’est associée à une quarantaine de partenaires, dont des ministères, des industriels, des universités et des municipalités pour endiguer le flux de denrées alimentaires.

Le projet de restauration de la décharge de Hiriya, située au sud-est de Tel-Aviv, en Israël. Les déchets alimentaires jetés dans les décharges sont doublement négatifs pour l'environnement, en raison des coûts environnementaux liés à la production d'aliments (Crédit : Yaakov Naumi / Flash90)

Le projet de restauration de la décharge de Hiriya, située au sud-est de Tel-Aviv, en Israël. Les déchets alimentaires jetés dans les décharges sont doublement négatifs pour l’environnement, en raison des coûts environnementaux liés à la production d’aliments (Crédit : Yaakov Naumi / Flash90)

« La durabilité doit être un processus développé et mis en œuvre par de nombreuses personnes », a déclaré Maya Milrad Givon, une co-fondatrice de The Natural Step en Israël.

« Nous examinons actuellement les déchets alimentaires au niveau des ménages et nous cherchons à mettre fin aux déchets alimentaires des consommateurs ».

L’objectif des collaborations, a-t-elle dit, est d’établir d’abord une relation de confiance avec les ministères et les industries et de sensibiliser au problème au niveau des consommateurs.

La co-fondatrice de Natural Step, Maya Milrad Givon (Crédit : Autoprisation Shoshanna Solomon)

La co-fondatrice de Natural Step, Maya Milrad Givon (Crédit : Autoprisation Shoshanna Solomon)

Le groupe développe également une plate-forme pour une action conjointe sur cette question, a déclaré Milrad Givon, appelé le laboratoire de la transition pour la durabilité. L’objectif est de se réunir avec des partenaires pour trouver des idées qui aideront à identifier des façons clés et novatrices de trouver des solutions. Ensuite, ils vont les mettre en œuvre.

« La chaîne doit travailler ensemble, avec une vision finale qui est d’éliminer le problème avec des solutions holistiques et systématiques », a-t-elle expliqué.

« En Israël, le gouvernement n’a pas assumé sa responsabilité du secteur alimentaire », a-t-elle ajouté. « Il n’y a pas qu’un seul organe chargé d’examiner la situation générale de l’alimentation en général, sur des questions comme la santé, la sécurité alimentaire et la durabilité de l’industrie ».

Les partenaires principaux de la Natural Step sont le ministère israélien de la Protection de l’environnement, Unilever Israël, la municipalité de Tel Aviv, Tnuva, le centre Dizengoff et le département de l’alimentation de l’armée israélienne.

Lors d’un atelier qui a eu lieu la semaine dernière à Tel Aviv, Maya Bitterman, la PDG de The Natural Step, a organisé une session interactive avec les participants, leur demandant de trouver des idées sur la façon d’éviter les déchets. « Que faites-vous des légumes comestibles, mais laids ? », a-t-elle demandé aux personnes présentes. « Comment pouvez-vous éviter de jeter de la nourriture qui est restée dehors pendant la nuit, par erreur ? ».

« La date d’expiration sur les produits est l’une des principales raisons pour laquelle la nourriture est jetée, comment ce problème peut être résolu ? », a-t-elle demandé.

Les participants ont proposé de nombreuses idées, y compris la création d’une poêle intelligente qui vous avertit si la nourriture est restée dehors pendant la nuit, et le développement d’une application qui révèle la fraîcheur des restes. L’éducation a été le message le plus répandu de tous.

« Il existe de nombreuses solutions », a déclaré Bitterman, soulignant la complexité du problème. L’objectif est de cerner les problèmes les plus importants et de trouver des solutions pour réduire les déchets, a-t-elle ajouté.

L’atelier a été organisé dans le cadre de la première conférence sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) organisée à Tel-Aviv la semaine dernière par Maala, l’organisation israélienne de normalisation des RSE.

Les participants à la première conférence sur la responsabilité sociale des entreprise d'Israël à Tel-Aviv, le 30 novembre 2016 (Crédit : Autorisation de Netanel Tobias)

Les participants à la première conférence sur la responsabilité sociale des entreprise d’Israël à Tel-Aviv, le 30 novembre 2016 (Crédit : Autorisation de Netanel Tobias)

« Il y a tellement de nourriture jetée », a déclaré Doron Zilberstein, le directeur général du Foodsolutions d’Unilever en Israël, au cours de l’atelier. « Nous devons penser au côté sombre du riche petit-déjeuner israélien et être intelligent ».

Unilever a mis en place un guide gratuit pour aider les restaurants, les entreprises de restauration et les hôtels à réduire les déchets.

La multinationale de l’agroalimentaire a également mené, l’an dernier, une enquête sur les habitudes alimentaires israéliennes dans les restaurants professionnels, a déclaré Zilberstein. Cette enquête a donné des résultats « stupéfiants » : environ 115 000 tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année dans les 9 417 établissements alimentaires israéliens totalisant environ 1,4 milliard de shekels.

Doron Zilberstein, le directeur général d'Unilever Foodsolutions en Israël (Crédit : Autorisation d'Ancho Gosh)

Doron Zilberstein, le directeur général d’Unilever Foodsolutions en Israël (Crédit : Autorisation d’Ancho Gosh)

Le guide d’Unilever pour aider les restaurateurs et les gestionnaires de cuisine à réduire les déchets comprend des conseils sur la façon de réutiliser les légumes dans le buffet du petit-déjeuner, de perdre moins de viande et de préparer des plats personnels plutôt que de servir des plats.

Le groupe a également mis en place un projet avec les principaux hôtels et restaurants en Israël pour étudier quels processus ont généré la plupart des déchets et comment cela pourrait être changés. Après que les mesures recommandées ont été mises en œuvre, il y avait une diminution de 15-30 % de déchets alimentaires, a révélé Zilberstein.

« Ce que nous ne pouvions pas faire, malheureusement, était de trouver un moyen d’empêcher les gens d’accumuler de la nourriture dans leurs assiettes, ce qui génère une grande partie des déchets », a déclaré Zilberstein.

« Mais on peut arriver à cela aussi, avec l’éducation. Tout comme nous enseignons à nos enfants de ne pas cueillir des fleurs [sauvages] en Israël, nous devons donc apprendre à nos citoyens à moins gaspiller ».