Des responsables européens confirment que le Département d’Etat américain est réticent à fournir à Israël des informations sensibles sur le cycle actuel de négociations avec l’Iran concernant son programme d’armement nucléaire, rapporte le New York Times mardi.

L’article a été publié suite à des réfutations véhémentes de la Maison Blanche et du Département d’Etat de rumeurs selon lesquelles ils avaient arrêté d’informer Jérusalem des progrès dans les négociations – même si le Premier ministre Benjamin Netanyahu a laissé entendre lundi qu’Israël était en effet maintenu dans l’obscurité.

L’article cite un responsable européen non impliqué dans les négociations qui aurait révélé que Wendy Sherman du Département d’Etat, la principale négociatrice américaine avec l’Iran, l’aurait enjoint à ne pas divulguer trop d’informations aux Israéliens parce que « les détails pourraient être déformés pour miner un accord ».

Un autre responsable anonyme du Département d’État, parlant au nom de Sherman, souligne que les discussions avec Israël sont favorisées, tant qu’il est clair « que les négociations se tiennent dans la salle de négociations », allusion au fait qu’Israël n’est pas directement impliqué dans les pourparlers.

Ces commentaires font écho à ceux d’un responsable israélien interrogé sur le rapport, qui a assuré en souriant avoir reçu des mises à jour « vides » sur l’accord imminent, signalant peut-être une autre faille dans les liens entre l’administration Obama et l’Etat juif, que le New York Times compare à une situation où l’on « colle des post-it pour l’autre sur une porte du réfrigérateur ».

Netanyahu a déclaré à plusieurs reprises que le programme nucléaire iranien est une menace existentielle pour Israël et que Téhéran a l’intention de développer des armes nucléaires et de les utiliser contre l’Etat juif.

À cet effet, Netanyahu tient à prononcer un discours devant le Congrès américain le 3 mars pour aborder l’accord nucléaire imminent, provoquant la colère de la Maison Blanche, de certains membres du Congrès américain et de ses adversaires politiques en Israël.

L’article cite un autre responsable européen qui déclare que le secrétaire d’Etat américain John Kerry était « furieux des fuites israéliennes » suite à un reportage, dimanche, sur la Deuxième chaîne qui affirme que l’administration américaine prive Israël d’informations.

Selon le rapport télévisé, la conseillère américaine à la sécurité nationale, Susan Rice, aurait coupé le contact avec son homologue israélien Yossi Cohen, tandis que Sherman aurait affirmé qu’elle ne tiendrait plus Israël informé.

Des responsables américains et israéliens ont rapidement nié.

Kerry, qui dirige les négociations avec son homologue iranien, Javad Zarif Mohammed, a fait valoir qu’il n’était dans l’intérêt de personne de négocier en public.

La Grande-Bretagne, la Chine, la France, la Russie, les Etats-Unis et l’Allemagne – connus sous le nom P5+1 – souhaitent conclure un accord global avec l’Iran qui empêcherait Téhéran de développer une bombe nucléaire, en échange d’un assouplissement des sanctions économiques imputées à l’Iran.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article